• « Vous êtes en burn-out maternel et vous ne tiendrez pas une année de plus comme ça. »

    Cette phrase est tombée, percutante, lors de ma dernière consultation chez le psy. Et avec elle un barrage a cédé en moi, laissant sortir un flot de larmes intarissables.

    Je me suis souvent posé la question du burn-out maternel pour expliquer mon comportement mais j’en arrivais toujours à la même conclusion. Ce n’était pas possible pour moi.

    Non pas que je suis mieux que les autres, mais justement les autres font mieux et sont donc plus légitimes à faire un burn-out.

    Alors quand le psy, un professionnel, a utilisé ce terme pour définir mon état, j’ai juste pleuré comme un bébé en pleine crise de décharge. Les cris en moins, mais avec ce sentiment que ça ne s’arrêtera jamais.

    C’est comme si il m’avait dit « vous avez le DROIT d’être fatiguée ».

    Et pourtant je ne fais rien d’exceptionnel, je ne fais rien de plus que ce que font des milliers de mères.

    Je ne suis pas la seule à être mère de famille nombreuse, ni la seule à avoir des enfants rapprochés, ni la seule à avoir des jumeaux, ni la seule à travailler, ni la seule à avoir un passé douloureux et une famille absente ou inexistante. 

    Et je ne suis sûrement pas la seule à cumuler tout ça non plus. 

    Vous voyez, je ne suis qu’une « femme » banale à la vie banale. Alors pourquoi serais-je en burn-out ?

    Déjà pourquoi avoir écrit « femme » entre guillemets ? Tout simplement parce que c’est un terme que j’ai toujours beaucoup de mal à utiliser pour moi. Je ne me vois pas vraiment en tant que telle mais plutôt en tant que « fille évoluant dans un monde d’adulte ». 

    Je vais pourtant avoir 34 ans et je n’ai aucun souci avec mon âge, je ne suis pas du genre « Oh mon Dieu j’ai un an de plus je vieillis ! ». Honnêtement ça ne me fait rien du tout. Mais « femme » ça fait tellement adulte.

    C’est d’ailleurs peut-être pour ça que je n’ai jamais cru le burn-out maternel possible pour moi, c’est un truc d’adulte justement.

    Et pourtant vendredi j’ai réalisé à quel point il avait raison et à quel point j’avais besoin de l’entendre.

    D’ailleurs maintenant je sais que c’est ça qui bloque mon travail sur moi.

    Le psy me l’a d’ailleurs confirmé, je ne pourrai pas progresser tant que je ne me serai pas reposée pendant 15 jours sans les grands.

    « J’ai en face de moi une femme fatiguée, une femme lessivée. Quand vous êtes-vous reposée en pensant uniquement à vous pour la dernière fois ? »

    Alors en théorie ça me ferait énormément de bien 15 jours sans les grands et j’y serais même prête. Mais en pratique on fait comment quand on a pas de famille pour prendre le relais ?

    Quand les colonies ne prennent qu’à partir de 6 ans et que de toute façon Big Brother refuserait d’y aller car il serait seul et sans repères pendant trop longtemps ?

    J’ai besoin de me reposer certes mais si c’est pour angoisser pendant 15 jours ça sera tout sauf du repos.

    J’ai toujours fait face et aujourd’hui je m’aperçois que ça n’était qu’une façade pour ne pas montrer mes faiblesses au monde. « Face », « façade » des mots à l’étymologie identique d’ailleurs...

    Pour ne pas entendre « Tu les as voulu, tu les assumes. » Phrase que je n’ai en réalité entendue que dans ma tête, prononcée par moi-même. 

    Et c’est vrai, je les ai voulus, tous tellement voulus, même ce bébé surprise qu’est Babyfae. Je l’ai voulu dès que j’ai su qu’il était là et sûrement même avant puisque j’avais rêvé d’une grossesse classique. 

    Alors comment ne pas assumer ? Ou plutôt comment assumer de ne pas être à la hauteur ?

    « Vous êtes une traumatisée et Big Brother, inconsciemment, ravive vos traumas. Comme si on allumait une allumette au visage d’un rescapé d’un incendie. »

    Est-ce que c’est ce trauma qui accentue la difficulté ? Ou est-ce que c’est moi qui ne suis pas à la hauteur ? Ou est-ce que c’est juste vraiment la chose la plus difficile au monde d’être parent ?

    Est-ce que c’est difficile parce que je me mets la pression ? Ou parce que je suis instable ? 

    Est-ce que je pourrais réussir à sortir un jour de ce cercle vicieux de fatigue, de colère, de traumas et de pensées obscures et tenaces ?

    Depuis que j’en parle ça fait 3 fois qu’on me dit que je ne pourrai pas reprendre le travail dans un peu plus de 2 mois, que je ne saurai pas et pourtant je sais que même en pleurs j’irai parce que je ne sais pas faire autrement.

    Mes angoisses font que je ne peux pas ne pas travailler si je perds trop de salaire. Parce que assumer pour moi c’est ça aussi. Et je dis bien POUR MOI. 

    Et même si je n’assure pas je souhaite continuer à assumer. 

    Je n’arrive pas à ne plus me « battre » et c’est sûrement mon problème parce que je finirais sûrement par me battre contre des moulins à vent. Mais ça au moins, me battre ou me débattre, c’est quelque chose que je sais faire.

    Je ne supporte pas l’échec, je ne supporte pas ce diagnostique même si je sais qu’il n’est que trop réel. 

    Je sais seulement que je suis la seule à pouvoir agir parce que personne ne le fera à ma place. Et honnêtement je suis paumée parce que je baigne dans des signaux contradictoires. 

    On me dit que « je gère », que j’ai « du courage » ou « du mérite » et même que « c’est normal » mais si vous saviez à quel point c’est faux. 

    Je ne suis qu’une façade en train de se briser et je tente juste de colmater les brèches pour conserver les apparences et continuer à faire face. 

    La face cachée

    Crédit photo


    votre commentaire
  • J’avais décidé de ne pas vous parler de mon allaitement, parce que d’autres le font déjà bien mieux que moi et parce que, même si je trouve ça tout à fait naturel, c’est aussi quelque chose de personnel (pour moi en tout cas).

     

    Mes premiers allaitements s’étant passés sans encombre, j’étais très confiante et persuadée qu’il en serait de même pour celui-ci. 

     

    Les difficultés que j’avais rencontrées s’étaient limitées à une mauvaise position d’allaitement ou une mauvaise technique de succion, sans réel désagrément en contrepartie. 

     

    Mais cette fois c’était différent. Babyfae a vite compris comment téter, il a su positionner sa bouche correctement mais il ne prenait pas pour autant le sein correctement.

     

    Et malgré mon utilisation systématique de la lanoline, j’ai pu découvrir la « joie » des crevasses dès le deuxième jour d’allaitement.

     

    J’ai tout de même poursuivi jusqu’à en arriver à me raidir et me retenir de hurler quand Babyfae tétait le sein droit.

     

    En parallèle, les sages-femmes s’étaient aperçues qu’il avait perdu 10% de son poids et qu’il fallait donc insister d’avantage pour le nourrir et lui proposer des compléments.

     

    J’avais connu les compléments pour lancer l’allaitement des twinnies, et je l’avais mal vécu à l’époque. Mais comme j’avais ensuite réussi à les supprimer pour repasser à un allaitement exclusif, j’ai accepté sans souci pour Babyfae. Sachant que de toute façon je risquais de ne pas sortir à la date prévue si je refusais.

     

    J’ai également demandé un tire-lait afin de préserver le sein crevassé tout en le stimulant.

     

    J’ai passé la nuit du 3ieme au 4ieme jour à allaiter Babyfae puis à tenter de tirer mon lait sans succès et en pleurs.

     

    J’ai donc dormi quelques heures à peine, en souffrant et sans voir de résultat concret. Les larmes n’arrivaient plus à se calmer, j’avais le visage bouffi, les yeux explosés, les seins qui saignent et un bébé qui ne tétait pas vraiment et surtout en me provoquant une douleur atroce.

     

    J’avais passé la nuit à réfléchir et à tout remettre en question et j’avais pris ma décision. Je ne me voyais pas continuer de souffrir pendant des semaines (le temps que les crevasses guérissent) tout en devant gérer les 3 aînés.

     

    J’ai donc prévenu les sages-femmes que j’arrêtais l’allaitement et que je ressortais avec des biberons. 

     

    Babyfae a eu son premier biberon dans la matinée et nous sommes sortis un peu après 12h. 

     

    Je sentais la montée de lait qui se mettait enfin en place mais comme mon problème d’allaitement ne venait pas de là, mais de la douleur à supporter, j’ai maintenu ma décision.

     

    Le dimanche de notre sortie, Babyfae a donc été nourri au biberon toute la journée. Et moi j’ai utilisé l’huile essentielle de menthe poivrée pour couper ma lactation.

     

    Vers 18h ce même jour, prise de température pour Caliboy : 39,8. Il est paf et se plaint de douleurs dans la jambe. J’ai donc pensé qu’il ne s’agissait que d’une poussée de croissance comme ça leur est déjà arrivé à tous les 3.

     

    Après plusieurs réveils difficiles dans la nuit et une température qui monte et que le doliprane ne fait pas baisser, Dad en Vrac a emmené notre malade chez le médecin. Verdict : « C’est une laryngite, c’est très contagieux et dangereux pour le bébé. » 

     

    J’avais déjà cogité toute la nuit en sentant le corps brûlant de Caliboy près de moi et la phrase du médecin a juste achevé de me convaincre.

     

    Je ne pouvais pas prendre le risque que Babyfae attrape la maladie de son frère alors que j’avais la meilleure protection à portée de main : mon lait. 

     

    J’ai donc repris l’allaitement, en faisant l’inverse de ce que j’avais fait la veille. Cette fois je carburais au galactogil, à l’homéopathie et aux tisanes d’allaitement afin de relancer la montée de lait que j’avais réussi à atténuer en une journée.

     

    J’ai tâtonné. J’ai souffert encore à cause des crevasses. Mais la peur des microbes m’a boostée.

     

    J’ai passé du temps sur le net à chercher des astuces et des remèdes anti-crevasses, et je n’ai pas hésité à continuer à donner des compléments à mon fils le temps de réussir à le nourrir seule correctement.

     

    J’ai trouvé des remèdes homéopathiques (arnica 5ch et phytolacca 5ch pour les crevasses et nitricum acidum pour les crevasses qui saignent le tout à raison de 5 granules 3 fois par jour), j'ai continué les applications de lanoline et de crème homeopathique au Castor Equi (recommandée par ma sage-femme).

     

     

    J’ai également parlé de mon échec avec le tire-lait avec la sage-femme qui m’a juste montré le bouton pour régler la puissance. Et oui, la fatigue m’avait tellement assommée que je n’avais même pas penser à vérifier les réglages !

     

    J’ai ainsi pu m’en faire un allier et stimuler réellement le sein le plus abîmé tout en le vidant.

    Les choses se sont donc peu à peu mises en place jusqu’à la nuit d’hier où j’ai découvert une boule douloureuse dans mon sein droit, le sein abîmé. 

     

    Impossible de le donner à Babyfae alors que les crevasses étaient presque parties. Il refusait de le téter car il était trop plein.

     

    Le matin j’ai donc passé une demi-heure à vider mon sein tout en appuyant sur la boule qui était en réalité un amas de lait qu’il fallait évacuer. 

     

    Verdict au moment de la tétée : bingo ! Babyfae a su le prendre sans souci.

     

    Pourquoi je vous raconte tout ça ? Sûrement pas pour vous faire culpabiliser. Je l’ai toujours dit l’allaitement est un choix personnel qui ne regarde que la maman.

     

    J’al personnellement vécu les témoignages ou photos d’allaitement des autres mamans comme des « agressions », des rappels de mon échec, de mon incapacité à donner le meilleur à mon fils. Ça avait marché pour elles mais pas pour moi. Pourquoi ?!

     

    Je ne voulais plus entendre parler d’allaitement alors pourquoi m’étaler dessus aujourd’hui ?

     

    Juste pour vous dire que toutes ces douleurs ne sont pas vaines et qu’elles peuvent être guéries. Que ça peut valoir le coup de s’accrocher car en étant bien entourée et en utilisant les bons remèdes on peut venir à bout des crevasses. Le tout étant de réussir à tenir jusqu’à la guérison et honnêtement je sais que c’est très difficile.

     

    Encore une fois je ne cherche pas à faire culpabiliser mais au contraire à donner de l’espoir aux mamans qui connaissent l’enfer des crevasses. On peut s’en sortir et au bout de quelques jours seulement (Babyfae a 10 jours aujourd’hui).

     

    Et on a aussi le droit d’abandonner soit définitivement soit pour mieux repartir. Si on regrette notre décision ou si les circonstances changent. Ce n’est pas définitif comme le font entendre les personnes qui nous entourent à la maternité. Il suffit juste de se faire confiance, de s’accorder le temps nécessaire et ça viendra.

     

    Concernant les compléments, on entend souvent que ça peut ruiner un allaitement, qu’il faut à tout prix éviter. Que ce n’est pas nécessaire. 

     

    J’ai vu 3 de mes fils maigrir de jour en jour en attendant la montée de lait. Même en tétant régulièrement la perte de poids ne s’arrêtait pas. Les 3 ont eu des compléments et ont ainsi pu se remplumer.

    Et pour les 3 ça ne m’a pas empêché de revenir ensuite rapidement à un allaitement exclusif, même en les ayant donnés au biberon.

     

    Je ne vous dis pas de le faire, je vous dis juste que les choses ne sont pas simplement toutes blanches ou toutes noires. Et il faut parfois savoir nuancer pour ne pas renoncer ou pour gagner en sérénité.

     

    J’en profite aussi pour vous faire part d’un constat sur la lanoline. Je pensais que toutes les lanolines bio se valaient. J’avais acheté la Dodie mais elle ne m’a pas empêchée d’avoir des crevasses, elle a juste réhydraté les mamelons après les tétées mais sans réellement les guérir. 

    À la fin du tube j’ai donc changé pour revenir à la Lansinoh que j’avais utilisée pour mes premiers allaitements et au bout d’une application les crevasses se résorbaient ! Je continue de l’utiliser systématiquement après chaque tétée et je n’ai plus rien après seulement 2 jours.

     

    Je ne sais pas si c’est juste cette lanoline ou avec l’effet combiné de l’homéopathie mais toujours est-il que c’est guéri. Et je précise que je ne suis pas sponsorisée, c’est un produit que j’ai acheté moi-même. Et je suis d’ailleurs convaincue que si j’avais échappé aux crevasses jusqu’à cet allaitement c’est grâce à cette lanoline en particulier. 


    1 commentaire
  • 4 consonnes et 3 voyelles...

     

    Depuis la naissance de Babyfae, vous êtes plusieurs à m'avoir demandé quel était son prénom. Je n'ai pas souhaité l'annoncer directement sur ma page facebook car il a une symbolique assez particulière pour moi.

    Dans cet article, je vous déjà avais expliqué le pourquoi du choix de Babyfae comme pseudo et le choix de son prénom prend racine dans cette même explication.

    Ce bébé que nous n'attendions pas, que nous n'étions pas sensé avoir, que nous ne pouvions pas avoir, a trouvé sa place au creux de mon ventre et désormais au sein de notre famille.

    J'ai toujours vu cette grossesse comme un cadeau et je reste persuadée que ce n'est pas un hasard, qu'il devait venir à notre rencontre et qu'il a énormément de choses à nous apporter.

    Alors quand nous avons commencé à chercher le prénom, je voulais au fond de moi qu'il représente toute la magie de son arrivée.

    Avec Dad en Vrac, nous n'étions d'accord que sur un prénom, prénom qui est d'ailleurs le deuxième d'Electroboy. Au bout du 4ième garçon, le choix est plus compliqué, surtout quand on souhaite un prénom classique et intemporel.

    J'ai tout de même épluché une tonne de sites avec des idées de prénoms afin d'être sûre que nous ne choisirions pas ce prénom par défaut.

    Au fur et à mesure de mes recherches, je me suis penchée sur la signification des prénoms et j'ai alors su que nous ne pouvions pas en choisir un autre.

    Dieu guérit 

    Rapha (guérit) El (Dieu)

    Raphaël

    Je pense que je n'ai pas besoin de vous détailler d'avantage pourquoi il lui va si bien.

    Je l'appelle mon guérisseur car depuis le jour où nous avons appris qu'il s'était invité dans mon ventre, il n'a eu de cesse de m'apprendre de nouvelles leçons de vie.

    Il m'a appris :

    - que rien n'est impossible et que la fatalité n'existe pas

    - que l'impatience ne sert à rien et que l'attente est toujours récompensée

    - à dépasser mes limites en terme de douleur

    - à savoir lâcher-prise afin de mieux repartir et de mieux réagir

    Et je me laisse guider car il est la preuve que tout peut arriver.


    votre commentaire
  • En ce moment, et depuis quelques temps en réalité, la vie à la maison est assez difficile.

    Bien que très différents, les garçons ont tous les 3 des caractères affirmés et assez opposants. Ce sont des enfants me direz-vous, ils testent les limites et cherchent à s’affirmer et c’est normal. Mais ça n’en est pas moins fatiguant.

    Big Brother est maladivement jaloux et a un besoin constant d’être le centre de l’attention. Il en arrive à frapper ses frères en douce, à les accuser de choses qu’ils n’ont pas faites et à se plaindre de leur présence en disant qu’il ne les supporte pas. 

    Évidemment je sais pertinemment que ça n’a pas été facile pour lui de passer de fils unique à aîné d’une fratrie de 3, tout ça à 2 ans à peine. Et le psy nous a également expliqué qu’avec ses angoisses il a un fort besoin de se sentir valorisé et exister par lui-même, seul et sans concurrence. 

    Mais ces comportements restent malgré tout inacceptables, d’autant plus qu’il n’obéit pas, nous répond et s’immisce dans la moindre de nos conversations, que ça soit entre adultes ou lorsque l’on dispute ses frères. Par contre, quand on s’adresse à lui, étrangement, il n’entend plus rien ou difficilement.

    Electroboy quand à lui enchaîne crises sur crises. Il ne supporte ni échec ni frustration (comme son aîné d’ailleurs) mais ne parvient pas à l’exprimer autrement qu’en hurlant, se jetant à terre ou nous criant dessus. Il refuse totalement d’obéir en nous répondant clairement « non » quand il est en crise et ne parvient pas à se calmer. Tout ça au rythme de 3 à 5 fois par jour avec des cris stridents semblables à ceux d’un nourrisson.

    Nous avons également fini par consulter le psy pour lui afin d’éliminer un quelconque trouble. Il nous a alors expliqué que Electroboy souffrait des mêmes angoisses que Big Brother, des angoisses archaïques. A ceci près qu’elles s’expriment différemment car il n'a pas appris à les extérioriser.

    En gros, jusqu’à 1 an le bébé a l’habitude que ses parents répondent rapidement à ses demandes puisqu’elles sont subsidiaires et angoissantes. En grandissant, les parents interviennent un peu moins vite et l’enfant apprend alors que même si il doit attendre, ses besoins seront comblés et qu’il n’a aucune raison d’angoisser. Les angoisses existent toujours mais il a appris à s'en détacher puisqu'il a été rassuré durant sa première année. (Je répète l’explication du psy).

    Electroboy n’a pas su passer ce cap, il a donc conservé toutes ces angoisses en lui et n'a pas appris à les extérioriser. Elles le rongent donc de l'intérieur puisqu'il ne sait pas les faire sortir, les rendre concrètes afin de les visualiser et ainsi pouvoir les éloigner.

    Pour l'aider, le psy s'est posé en tant qu'"angoisse vivante". L'idée étant de permettre à Electroboy de concrétiser ses angoisses en la personne du psy et ainsi de parvenir à s'en détacher. Elles seront toujours là mais plus uniquement à l'intérieur.

    Honnêtement, je ne suis pas convaincue par la méthode, bien que je vois qu'il craint le psy mais j'ai surtout l'impression de l'utiliser comme un croque-mitaine et je n'aime pas trop ça. Du coup, les crises continuent...

    Quand à Caliboy, c'est le moins difficile. Il n'obéit pas beaucoup mais il est plus sensible et a plutôt tendance à se mettre à pleurer quand on élève la voix ou qu'il est trop stressé. Mais il tient tout de même tête à force de voir ses frères en faire autant.

     

    En toute honnêteté, j'ai vraiment la sensation d'échouer dans leur éducation. Je crie, je menace, je perds patience bien trop souvent et je perds pieds. Je me perds et je les perds, je perds notre famille, je ne contrôle plus rien. 

    Alors quand j'entends régulièrement "Et en plus ce sont des garçons !" comme si il n'y avait plus rien à faire pour eux, ou comme si il fallait les "mater", les "dresser" tels des animaux en furie, ça me démoralise encore plus.

    Non pas que je crois que c'est pire car ce sont des garçons, si vous me connaissez un tant soit peu, vous avez bien compris que je trouve ce genre de remarque sexiste totalement stupide. Mais j'ai juste envie de leur prouver à quel point ils ont tort et je n'y arrive pas, pas encore, pas maintenant et j'ai peur de ne jamais y parvenir.

    J'ai peur d'avoir fait des enfants sans être capable de m'en occuper réellement, sans savoir les éduquer, en faire des hommes biens, respectueux et à l'écoute. Peur d'avoir le même profil que ma mère et d'être ce type de maman qui n'aurait jamais du avoir d'enfants. Peur d'être une génitrice et non une mère, ou alors une mère abandonnante et démissionnaire.

    Peur d'être une incapable, incapable de contenir mes pulsions, incapable de faire la différence entre mes enfants et mon enfant intérieur, incapable de guérir ma mémoire traumatique qui me rend si déviante par rapport à ce que je souhaiterais.

    J'aime mes enfants plus que tout au monde, je serais prête à tout pour eux, mais je ne peux que reconnaître que je ne suis pas un modèle moi-même et que j'ai peur de les détruire au lieu de les construire. 

    Et en plus ce sont des garçons

    Crédit photo


    2 commentaires
  • Crédit photo

     

    Hier je vous ai proposé de deviner le sexe de Babyfae, sexe que nous connaissons depuis environ 3 semaines, alors pourquoi avoir fait tant de mystères ?

    Depuis que j'ai annoncé ma grossesse, les réactions sont souvent les mêmes et j'avoue qu'elles ont tendance à me taper sur le système "Pourvu que ça soit une fille", "Il vous faut bien une fille après 3 garçons" ou "Pas un quatrième garçon surtout !"

    J'en oublie sûrement mais vous avez compris l'idée je pense.

    Vous le savez car j'en ai déjà parlé sur ma page et ici, je me fiche royalement du sexe de mes enfants et je n'ai jamais souhaité avoir une fille en particulier. Mes seules préférences ayant été d'avoir un garçon en premier car j'ai un grand frère exceptionnel et je souhaitais ça pour ma fratrie, puis d'avoir des jumeaux du même sexe. Ça ne me demandez pas pourquoi mais c'est ce qui m'est venu quand j'ai su que nous attendions des jumeaux.

    Par contre le fameux "choix du roi" ou "une fille pour qu'elle soit la princesse de papa" ou pour "jouer à la poupée" ça ne m'a jamais effleuré. Je n'ai rien contre les filles, mais je n'ai jamais tenu particulièrement à en avoir une un jour. Je voulais des enfants point. 

    J'avoue que pour cette grossesse si différente et inattendue, j'ai pensé qu'une fille ça pouvait être sympa pour changer mais je ne voulais pas une fille plus qu'un garçon. 

    Du coup toutes ces réflexions ont surtout eu le don de m'agacer et de me donner d'autant plus envie que Babyfae soit un garçon. Oui j'aime contrarier les gens quand ils m'énervent, c'est nul mais ça m'amuse he

    Qui a décrété qu'il fallait absolument avoir des enfants des deux sexes pour être heureux ? C'est vraiment con non ? L'important n'est-il pas d'avoir des enfants en bonne santé et épanouis ? 

    Après je comprends tout à fait que certaines personnes aient une préférence pour un sexe plutôt qu'un autre, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais ça n'est pas mon cas et ça ne l'a jamais été. Et je respecte totalement ça, j'aimerais juste qu'on en fasse autant pour moi au lieu de me plaindre d'avoir déjà 3 garçons et que "ça doit être sportif", ce qui est sportif c'est le nombre d'enfants pas le sexe. 

    Voilà en gros les raisons pour lesquelles je n'avais pas envie d'annoncer le sexe et de le garder pour nous quelques temps histoire de l'apprécier avant d'entendre les critiques parce que oui Babyfae est bel et bien un quatrième petit garçon !

    Nous l'avons d'ailleurs su avant même que la sage-femme échographiste nous l'annonce officiellement puisqu'elle n'a pas pu s'empêcher de grimacer au moment où elle nous a demandé si nous souhaitions connaitre le sexe. Ce qui pour notre part nous a bien fait rire puisque nous nous attendions à un petit gars et qu'en plus nous savions que les garçons seraient ravis puisqu'ils souhaitaient un petit frère pour rester "une bande de mecs".

    Et de toutes les réflexions que j'ai entendue, la seule que j'ai envie de retenir est celle que nous a dit un ami de Dad en Vrac "N'empêche si c'est un garçon, ça claque de pouvoir dire j'ai 4 fils". Ça n'a pas particulièrement de sens non plus mais ça a au moins eu le mérite d'être à contre-sens de tout ce que l'on a pu entendre.

    Nous sommes plus que ravis d’accueillir ce quatrième petit garçon au sein de notre famille et le seul "problème" que nous rencontrons est de trouver un joli prénom qui nous plaise à tous les deux tout en suivant avec ceux de ses frères !

     


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique