• Mes amours,

    En cette journée internationale des droits de l'enfant, je tiens à vous rappeler les vôtres, même si c'est un concept qui vous dépasse totalement pour le moment.

    Et dans un sens, tant mieux, car ça signifie que pour vous tout est encore possible.

    Mais je veux tout de même que vous sachiez que :

    - vous avez le droit de dire "NON", de le crier et de l'exprimer, car bien qu'il y ait des règles à suivre et à respecter, vous avez le droit de ne pas être d'accord. Car contester c'est réfléchir, c'est remettre en question

    - vous avez le droit de ne pas être d'accord avec mes décisions et de me demander des explications si celles-ci ne vous paraissent pas assez explicites

    - vous avez le droit de vous amuser, c'est souvent trop bruyant pour les autres (moi la première !) mais ça représente tellement votre joie de vivre

    - vous avez le droit de rire aux éclats, dites-vous bien une chose, ce sont ceux qui n'aiment pas rire qui ont un problème ;-)

    - vous avez le droit de pleurer quand ça ne va pas, ou même quand ça va, les larmes ne sont pas une faiblesse mais l'expression d'une émotion, qu'elle soit positive ou négative, au mois elle est là et elle s'exprime

    - vous avez le droit de vous disputer parce que ce n'est pas facile d'être toujours d'accord et je sais que vous avez l'intelligence de revenir sur vos disputes pour en discuter ou au moins vous excuser les uns envers les autres

    - vous avez le droit de ne pas embrasser quelqu'un si vous ne le souhaitez pas. C'est VOTRE corps et il est important que vous sachiez que c'est à vous de décider quoi en faire. Car non ce n'est pas un manque de politesse de ne pas faire la bise à quelqu'un, ça n'est en rien une obligation

    - vous avez le droit de vous tromper, autant de fois que nécessaire, car c'est en se trompant qu'on découvre de nouvelles choses, qu'on apprend à évoluer et qu'on peut définir nos propres limites

    - vous avez le droit de prendre votre temps pour apprendre, certaines acquisitions sont plus complexes que d'autres mais je sais que vous y arriverez

    - mais vous avez aussi le droit de ne pas être bon en tout, personne ne l'est, chacun a ses domaines de prédilection.

    - vous avez le droit d'avoir peur de tout et de n'importe quoi, la peur est une émotion et chaque émotion est saine et il ne faut pas en avoir honte

    - vous avez le droit d'être en colère contre moi quand mes décisions vous semblent injustes ou injustifiées. Et je vous le répète encore, être en colère contre quelqu'un, ça ne signifie pas qu'on l'aime moins ou qu'on ne l'aime plus, alors n'oubliez pas que même quand je suis en colère contre vous, je vous aime TOUJOURS par dessus tout

    - vous avez le droit d'être déçus et d'être frustrés, on ne peut pas tout avoir dans la vie mais ça n'en est pas moins blessant pour autant. Vous apprendrez à relativiser au fil des années, je vous le promets

    - vous avez le droit de choisir vos amis, comme j'ai le droit de vous dire que je ne les apprécie pas quand c'est le cas

    - vous avez le droit d'avoir vos propres goûts et ce, dans chaque domaine, je ne vous imposerai jamais les miens

    - vous avez le droit d'être VOUS et de ne pas chercher à entrer dans un moule que la société vous impose ou de coller à des étiquettes que les gens vous colleront (y compris nous, je l'avoue parfois nous manquons de tact et j'en suis plus que désolée). Vous êtes VOUS, chacun un caractère différent et bien trempé et je tiens à ce que vous restiez vous-mêmes, même si ça n'est pas facile tous les jours

    - vous avez le droit de courir, de sauter dans les flaques d'eau (avec les bottes de pluie ^^), de grimper aux arbres, de chanter, de danser, de jouer, de vivre tout simplement !

    Et qu'importe ce que certains en disent, vous avez autant de droits que nous, les adultes, car vous êtes les Hommes de demain et je ferai en sorte que vous soyez les plus épanouis possible. 

    Journée internationale des droits de l'enfant

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  • J'ai souvent du mal à te comprendre mais j'y travaille de jour en jour.

    Tu es imprévisible et indomptable, tel un volcan prêt à entrer en ébullition.

    Ta joie est explosive, tout comme ta colère, car tu ne fais pas dans la demi-mesure. Et c'est parfois si dur de te suivre.

    Ton bonheur est communicatif. Ton regard pétillant et tes fossettes font fondre toutes les personnes qui t'entourent et même celles qui ne font que te croiser.

    Tu parais d'ailleurs toujours plus agréable aux personnes inconnues qui ne peuvent s'empêcher de te comparer avec Babyglu, discret et en retrait quand il ne connaît pas les gens.

    Tu mords la vie à pleine dents, tu profites de chaque instant et tu ouvre mon regard sur les choses simples de la vie. 

    Tu prends plaisir dans chaque chose que tu fais. C'est d'ailleurs un bonheur pour moi de t'observer manger ou de voir ton regard briller dès que tu nous montre une construction ou un nouveau trait sur ton dessin.

    Tu salue Mickey à chaque fois que tu le vois à la télé et tu lui crie "A bientôt Mickey" quand il quitte l'écran. 

    Oui tu cries, et souvent même, car ton enthousiasme est tel que tout explose en toi.

    Il en va d'ailleurs de même pour ta colère qui s'empare si brusquement et si violemment de toi. 

    Alors oui tu as deux ans et demi et tu es loin de maîtriser tes émotions, mais je sens également que tu détestes tant ces sentiments négatifs qu'ils te font bouillir de rage et t'angoissent au point que tu perds bien.

    Tu aimes tant la vie et tout ce qu'elle t'apporte, tu aimes le bonheur si fort, que les sentiments qui y sont opposés te sont intolérables.

    Tu te métamorphose alors en une boule de colère incontrôlable et inconsolable. Et je n'ai toujours pas trouvé la bonne manière de te faire reprendre pieds.

    L'impuissance et tes cris, accentués par mon hyperacousie, ne me permettent pas toujours de réagir avec calme et bienveillance.

    L'hyperacousie est une tare face aux cris et aux agressions auditives en tout genre. Elle me fait perdre pied, comme toi face à la colère.

    Dans le fond, on se ressemble énormément tous les deux.

    Je me suis toujours vue comme quelqu'un de passionné. Quand j'aime c'est sans mesure et il en va de même quand je n'aime pas ou quand je souffre. D'ailleurs, je ne sais pas faire semblant, l'hypocrisie est un défaut qui me dépasse totalement et qui m'agace au plus haut point. 

    Je suis persuadée qu'il en sera de même pour toi. Tu es trop occupé à apprécier la vie et ses bonheurs pour perdre du temps à simuler. 

    Et cela te portera probablement autant préjudice qu'à moi. J'ai mis des années à apprendre à faire "bonne figure" et je sais que ça ne trompe jamais les personnes qui me connaissent réellement.

    Mais ça sera à toi de décider quelle attitude tu souhaiteras adopter dans ce cas de figure. Je ne te serai pas d'un grand secours pour apprendre à simuler la cordialité ! Mais je serai toujours à ton écoute pour en discuter.

    En écrivant ces mots, je repense notamment à cette fois ou une petite fille a grogné sur Babyglu. Tu étais en train de jouer à côté, tu l'as entendue grogner sur ton frère (que ça n'avait pourtant pas perturbé), tu as finis ce que tu faisais puis tu as foncé sur elle pour la pousser et tu es retourné jouer.

    Je trouve que ce moment est tellement représentatif de ta personnalité ! Tu aimes la vie, tu en profites au maximum et tu repousse tout ce qui te déplaît.

    Et c'est à la fois ce que j'aime tant chez toi et ce qui me perturbe quand ta colère prend le dessus.

    Je sais déjà qu'à partir de ton entrée à l'école nous risquons d'être appelés "à cause" de ton comportement. Quand on n'entre pas dans le moule, on se fait vite remarquer et cataloguer. 

    Tu ne te laisseras pas faire par les autres et tu n'hésiteras pas à t'imposer ou à te défendre brusquement (et à défendre ton frère !) si tu te sens menacé. Et ça ne plaira pas à l'encadrement qui n'aura pas le temps (ou l'envie ?) de chercher à te comprendre.

    Mais je veillerai à ce que tu t'adaptes sans renoncer à ta personnalité si pétillante. 

    Ma bulle de bonheur


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  • Avant d'avoir un deuxième (puis un troisième !) enfant, je craignais de ne pas avoir suffisamment d'amour à offrir. Ou plutôt de ne pas aimer un autre enfant autant que j'aimais Big Brother.

    J'avais déjà évoqué ce sujet dans cet article d'ailleurs.

    Mais plus le temps passe et plus je m'aperçois que je me trompais en pensant pouvoir aimer deux enfants de la même manière.

    Un enfant est toujours unique et tellement différent des autres enfants. Comme on l'entend souvent "Un enfant n'est pas l'autre" et c'est on ne peut plus vrai.

    La fraternité apporte certes des traits de caractères communs ou des expressions communes mais dans le fond les enfants restent des êtres totalement uniques, tout comme les adultes d'ailleurs.

    Non pas que j'en doutais auparavant mais avec le temps, je me suis aperçue que mes fils et moi développions chacun nos relations particulières.

    Avec Big Brother nous avons toujours été assez fusionnels. Comme il était seul, nous avons réussi à lui apprendre à exprimer ses émotions et il a gardé cette aptitude. 

    Il sait qu'il peut tout me dire mais que rien ne l'y oblige et généralement quand il boude ou grogne (oui oui il grogne quand il n'est pas content !!), il revient souvent vers moi au bout de quelques instants afin de me dire "Tu sais pourquoi je suis en colère ?" et il déballe alors ce qu'il a sur le cœur. J'ai compris que lui demander ne servait à rien, il a besoin de décider lui-même du moment où il se confie. 

    Nous avons souvent des clash car c'est une vraie tête brûlée, comme ses parents et du coup nous voulons toujours tous avec le dernier mot. Et c'est souvent stupide d'ailleurs...

    Babycool est plus indépendant et moins câlin mais quand ça ne va pas c'est vers moi qu'il ressent le besoin de se tourner. C'est assez logique, la maman est souvent la figure d'attachement. 

    Il est plus méfiant que ses frères concernant les nouveautés (manège, poney...) et il a besoin d'être rassuré quand au fait qu'il a le droit d'avoir peur. Chose que je lui rappelle régulièrement. 

    Il est également très virulent quand il est en colère et j'avoue que je perds souvent pied face à sa "violence". Je sais bien qu'il est simplement dépassé par ses émotions mais ça n'est pas toujours évident à gérer. Alors une fois le calme revenu, on fait le point tout les deux et il répond alors en chuchotant, comme si il voulait me prouver qu'il est bel et bien apaisé. 

    Ça m'arrive également souvent de m'installer par terre avec lui en le gardant de force contre moi afin qu'il ne se fasse pas mal et qu'il trouve l'apaisement dont il a besoin. Là encore ça n'est pas toujours évident.

    Mais il y a cette connexion entre nous, connexion qui n'est pas toujours positive puisque selon le microkiné, c'est à cause des ondes qu'émet mon corps que Babycool devient parfois si violent. Il ressent mon vécu et est d'autant plus dépassé par ses émotions et les miennes finalement. 

    Quand à Babyglu, comme son surnom l'indique c'est ma "sangsue d'amour". Il sait rester avec son père ou avec sa nounou sans souci mais dès que j'arrive c'est "Câlin Maman." 

    Quand il est en "crise" il se calme plus facilement avec moi. J'avoue que sa naissance en siège et son anxiété permanente m'ont peut-être fait le couver un peu plus que ses frères, ou du moins différemment. Mais je ne le regrette en aucun cas puisque ses angoisses ont fortement diminué depuis sa naissance. 

    Il reste cependant assez méfiant avec les personnes qu'il ne connaît pas ou peu. A tel point que ces personnes pensent en général qu'il ne sait pas parler. Je suis donc obligée de leur dire poliment que c'est juste à eux qu'il ne veut pas s'adresser !

    Finalement je m'aperçois que c'est assez complexe d'expliquer la relation que j'ai avec chacun de mes fils. Je sais juste que bien que différentes, ces relations sont aussi forte avec l'un qu'avec l'autre.

    Ils se sentent forcément parfois en concurrence, mais je leur rappelle autant que possible que le cœur de Maman est assez grand pour tous les trois et que chacun y a sa place bien définie et surtout irremplaçable.

    L'amour qu'on a pour un enfant est inconditionnel et il l'est tout autant pour chaque enfant qu'on a par la suite. Ça paraît tellement évident dit comme ça mais ça m'a valu beaucoup de questionnement durant ma seconde grossesse et beaucoup de remise en question pour essayer d'en donner autant à chacun d'eux.

    Mais ça n'est pas possible car les besoins sont différents pour chacun, l'important est donc d'adopter la méthode caméléon et de s'adapter à chaque enfant.

    Ils ne comptent pas les "points", ils s'arrêtent juste à ce qu'on fait pour eux en tant qu'individu à part entière.

    Nos relations particulières 

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  • On ne dit jamais trop (ni jamais assez !) à nos proches qu'on les aime et on ne pense pas toujours à préciser pourquoi, ou plutôt ce qui nous fait fondre chez eux.

    C'est pourquoi, je tenais aujourd'hui à écrire à mes fils ce que j'aime chez eux. Non seulement pour qu'ils le sachent mais aussi pour en garder une trace indélébile. Merci l'ère du numérique !

     

     Big Brother 

    • J'aime te voir réconforter tes frères en t'allongeant à côté d'eux ou en leur assurant "Ça va aller, ne t'inquiète pas".
    • J'aime quand tu te concentres pour colorier sans dépasser avec cet air si sérieux et appliqué, comme si tu réalisais le plus grand des projets.
    • J'aime t'entendre dire "Rentre chez toi te reposer, tu as eu une grosse journée" aux personnes qui t'entourent quand je viens te chercher à la garderie.
    • J'aime quand tu te caches sous ta couette ou sous ta serviette et que tu rigoles dès que je demande "Mais il est où Big Brother ?!"
    • J'aime quand tu essaies de chanter en anglais et que tu t'arrête en disant "Olala il chante trop vite le monsieur !" (I don't wanna go to bed Simple Plan)

     

    Babycool

    •  J'aime cette façon que tu as de tenir ta tétine en dormant, comme si tu craignais qu'elle ne t'échappe. 
    • J'aime quand tu hurles cries "Keykey !" avec enthousiasme dès que tu vois Mickey quelque part, aussi petit soit-il.
    • J'aime te voir danser sans retenue dès que tu entends la moindre note de musique, même une sonnerie de téléphone !
    • J'aime quand tu entoures mes jambes de tes bras et que tu poses ta tête contre mes cuisses pour me faire un câlin, toi qui n'en est pas trop fan.
    • J'aime te voir saluer avec entrain les personnes que tu croises, que tu les connaisses ou non.

     

    Babyglu

    • J'aime devoir te chercher au milieu des peluches de ton lit, parmi lesquelles tu te sens rassuré.
    • J'aime la manière dont tu viens nous voir avec un chapeau ou des lunettes de soleil pour qu'on te les mette, et te voir repartir le sourire aux lèvres.
    • J'aime quand tu apportes sa tétine à Babycool et que tu la lui mets dans la bouche quand il est triste.
    • J'aime te voir t'auto-applaudir quand tu as réussi quelque chose dont tu es fier.
    • J'aime te voir exploser de rire pour des choses aussi simples que regarder Papa ou Big Brother faire des bulles de savon au dessus de toi. 

     

    Il y a évidemment un tas d'autres que j'aime chez chacun d'eux mais il fallait bien faire un choix et ce sont actuellement ces petites choses qui font craquer mon coeur de maman.

    Ils sont mes trois êtres parfaitement imparfaits et je veux me rappeler de ces moments simples et tellement vrais, tellement vivants.

     

    Ce que j'aime chez toi


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  • Tu es toujours mon tout petit et tu es pourtant si grand. 2 ans et demi d'avance à ton âge c'est tout simplement énorme, et parfois tellement déstabilisant. 

    Après seulement quelques mois passés chez elle, ta nounou me disait déjà "Il n'est pas comme les autres, c'est un phénomène et j'en ai vu passer des enfants". 

    C'est toujours une fierté d'entendre ce genre de phrase mais elle le disait elle-même, elle t'aime comme son propre petit-fils alors je me disais qu'elle manquait d'objectivité, tout autant que nous.

    Evidemment nous t'avons toujours trouvé très intelligent et tu nous as souvent épatés, et tu nous épates encore régulièrement d'ailleurs. Mais tu es notre premier enfant et nous n'avions pas vraiment de point de repère. Et puis, je trouvais ça prétentieux de te trouver plus intelligent que les autres. D'ailleurs, quel parent ne trouve pas son enfant plus intelligent, plus beau, plus dégourdi, tout simplement "plus" que les autres ?

    Mais quand le psychologue nous a demandé si nous connaissions le terme EIP (Enfant Intellectuellement Précoce) j'ai senti comme un poids se soulever de mes épaules... Pour mieux venir s'y rabattre.  

    Et si je gâchais ton potentiel ? Si je te faisais régresser au lieu de progresser ?  Si je ne savais pas comment t'accompagner en respectant ton évolution ? Et si je ne n'étais pas capable de reconnaître et d'accompagner tes angoisses ?

    Tu as 3 ans, presque et demi, tu es toujours mon bébé et tu es pourtant déjà si soucieux. Tu penses à des choses que tu devrais ignorer à ton âge et j'ai parfois du mal à trouver les mots pour te rassurer. 

    Tu as cette peur de l'abandon ancrée en toi et qui fait fuser tes méninges, accentuant tes angoisses.  

    "Personne ne va voler mon papa et ma maman hein ?", 

    "Personne ne va venir nous tirer [dessus] ?" 

    "Personne ne va voler notre maison ?" 

    "Notre maison elle va pas brûler ?" 

    Tes mots brisent mon cœur de maman qui ne sait plus comment te rassurer.  

    Je te répète sans cesse que je t'aime, que je suis votre maman à tous les 3 et que vous avez chacun votre place, que je viendrai toujours te chercher à la garderie, que papa rentrera toujours du travail, que nous te protégerons sans relâche et j'en passe. Et pourtant tes angoisses ne s'apaisent pas. 

    Ma culpabilité légendaire s'en voit d'autant plus alourdie que j'entends régulièrement "C'est bizarre qu'il pense ça à son âge." 

    La précocité c'est à double tranchant. C'est une fierté permanente de te voir évoluer si rapidement, de te voir faire des choses qui ne sont a priori pas de ton âge.  

    Tu reconnais les lettres de ton prénom et tu sais presque l'écrire seul.  

    Tu sais compter jusqu'à 15 en français et jusqu'à 10 en anglais. 

    Tu es le seul à vouvoyer ta maîtresse et elle est aussi impressionnée que nous.  

    Mais c'est aussi une tragédie de voir que tu anticipes tout et que tu ne profites pas simplement des choses comme les enfants de ton âge.  

    C'est aussi difficile de voir que tu refuses de faire ce qui ne t'intéresse pas. Le psy nous a bien dit que pour les enfants comme toi, le dessin et l'écriture ne vont pas assez vite pour ta pensée et que tu préfère les éviter au point de refuser de dessiner un simple bonhomme en classe.  

    Sur ce point, il semblerait néanmoins que tu te sois assoupli en classe et que tu acceptes enfin de faire comme les autres. 

    Ta maîtresse m'a déjà dit qu'elle a peur de te mettre en échec scolaire car elle n'est pas formée pour les "enfants comme toi". Elle s'adapte tant qu'elle peut, elle te laisse faire autre chose quand c'est possible et je l'ai sentie rassurée quand je lui ai dit que tu étais content de tes journées. 

    Et moi j'ai peur d'accentuer ta peur de l'abandon depuis la naissance de tes frères car je manque de temps, je me divise en permanence et je ne peux pas faire tout ce que je souhaiterai, ce qui est aussi frustrant pour toi que pour moi. 

    Tu as beau être en avance sur beaucoup de chose, tu as toujours les capacités émotionnelles d'un enfant de ton âge... en plus fort. Le psychologue et l'ostéopathe que tu as rencontrés nous ont tous les deux expliqués que les émotions chez les enfants précoces étaient exacerbées.  

    Quand tu étais bébé, je me suis souvent demandé si tu n'étais pas un B.A.B.I. Mais il y avait finalement autant de points qui te correspondaient que de points qui étaient si éloignés de ton caractère. Tu as toujours accepté d'aller vers les autres, tu as rapidement si jouer seul, comparé à tes frères on peut dire que tu t'es peu fait mal volontairement.  

    Et depuis l'arrivée de Babyglu, je sais qu'un B.A.B.I. c'est tout autre chose que toi bébé ! 

    Mais je sais aussi que tu es un hyper sensible, que tout te touche et que tu n'aimes pas voir les personnes que tu aimes tristes ou malades. 

    Tu es très attentionné, tu souhaites une bonne journée à tout le monde, tu nous demandes comment nous allons, tu nous fait des bisous, tu apportes des jouets à tes frères pour les calmer (quand tu es décidé bien sûr !!), tu dis à ta maîtresse "Le soleil va se coucher, il faut que tu rentres pour te reposer."  

    Et tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière d'être ta maman. Je suis fière d'entendre régulièrement que les gens sont épatés d'un tel comportement et d'un tel langage à ton âge. Je suis fière devant ta volonté d'apprendre encore et toujours, tes demandes constantes pour faire des activités, découvrir les lettres et les chiffres et tant d'autres choses. 

     

    Et je tiens à ce que tu saches que rien n’entachera jamais cette fierté et que oui je serai toujours ta maman et je t'aimerais toujours plus que tout au monde, plus que tout l'univers et même bien plus encore...

      Mon grand petit garçon


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