• Qui vole un oeuf...

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    Samedi en quittant la caisse après avoir réglé les courses, je vois une petite boîte de Skittles dépasser de la poche de Big Brother.

    Je demande à Dad en Vrac si il lui a pris ces bonbons, il me dit que non. On s'éloigne de la caisse et on explique à Big Brother qu'on a vu ce qu'il avait dans sa poche et que c'est mal de voler. D'autant plus que son père avait déjà pris un paquet de bonbons.

    Je vous avoue que j'ai hésité à en rester là. Ça n'était qu'une petite boîte de bonbons après tout... Mais si je le laissais les manger c'était cautionner ce qu'il avait fait et qui sait ce qu'il aurait pu essayer de voler ensuite.

    Je ne pouvais pas non plus juste lui reprendre et sortir du magasin, la boite de bonbons dans mon sac, car c'était contradictoire. Lui dire que c'est mal mais les prendre quand même.

    Alors je l'ai emmené à l'accueil en lui expliquant qu'il allait tout simplement rendre le paquet en s'excusant auprès du magasin. Il a pleuré. Il avait peur que la dame de l'accueil appelle la police. Je l'ai rassuré en lui expliquant qu'elle n'appellerait pas la police puisqu'il rendait son butin.

    Ses larmes ont ensuite repris quand il a pensé que le Père Noël avait vu ce qu'il avait fait et qu'il ne lui apporterait pas de cadeaux. Je l'ai de nouveau rassuré en lui expliquant que le Père Noël voyait également qu'il était en train de rattraper son erreur.

    La dame de l'accueil était surprise quand je lui ai tendu le paquet et a simplement dit à Big Brother de ne pas recommencer. Elle a même été émue quand il s'est excusé en pleurant.

    Pourquoi j'ai choisi cette option ? Parce que je sais que son geste est en lien avec son mal-être. Je sais qu'il a fait ça pour qu'on s'intéresse à lui et je sais que le rabrouer n'aurait servi à rien. J'ai moi-même eu une période kleptomane au moment du divorce de mes parents. Je volais des stylos plumes avec une copine dans un magasin de ma ville. Jusqu'au jour où nous nous sommes fait prendre.

    Sa mère est venu régler nos larcins et a ensuite prévenu ma mère qui m'a juste offert une gifle monumentale, envoyant valser mes lunettes à terre. J'avais environ 12 ans et je m'en rappelle encore. Je n'ai plus jamais volé non pas parce que c'était mal mais parce que j'avais peur, parce que c'était associé à cette gifle si violente, sans que ma mère ait même cherché une explication à mon comportement.

    C'était une autre génération me direz-vous...

    Mais je ne voulais pas que Big Brother associe le vol à une punition, juste qu'il comprenne que c'est mal et qu'il ne faut pas le faire.

    Dad en Vrac lui a expliqué que des gens vendent ces produits, qu'ils engagent des frais pour les réaliser et qu'ils en perdent si on les prends sans payer. Un peu complexe mais il a compris.

    J'ai juste ajouté que l'hôtesse d'accueil qui a passé nos courses aurait pu avoir des problèmes quand ses patrons se seraient aperçu du vol.

    Je pense que Big Brother a compris et qu'il ne recommencera pas, du moins je l'espère.

    Je suis aussi contente car Dad en Vrac m'a dit que j'avais eu une bonne idée. Non pas qu'il conteste mes choix habituellement mais il ne pense peut-être tout simplement pas à me le dire, comme je n'y pense pas forcément d'ailleurs.

    Si j'en parle aujourd'hui c'est parce que cet événement m'a touchée, non pas pour le vol en question mais parce que c'est une preuve supplémentaire que mon fils va mal...

    Ça vous est déjà arrivé ? Vous avez / auriez réagi comment dans une telle situation ?


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  • Aujourd'hui pour le rendez-vous "Chut les enfants lisent" de Devine qui vient bloguer je vous parle du livre Bébés Chouettes

    J'avais acheté ce livre aux garçons car ils ont beaucoup de mal avec la séparation, ils ont toujours peur qu'on ne revienne pas les chercher et pourtant ça n'est jamais arrivé !

    Du coup en cherchant un peu, j'étais tombée sur ce livre.

    Bébés chouettes

    C'est l'histoire de 3 petites chouettes qui ne trouvent pas leur maman au réveil. Ils s'inquiètent donc et se rassurent les uns les autres en cherchant des explications (elle est partie chercher à manger...).

    Bébés chouettes

    On sent bien qu'ils ont peur mais la grande sœur prend les choses en mains et fait bonne figure afin de rassurer les deux plus petits.

    A la fin, la maman revient en rappelant à ses petits qu'elle reviendra toujours et qu'ils n'avaient aucune raison de s'inquiéter.

    Bébés chouettes

    En toute honnêteté, je ne trouve pas l'histoire spécialement attirante mais je n'ai pu que constater qu'après leur avoir lue plusieurs soirs de suite, Babycool a beaucoup moins demandé "Maminou elle va venir nous chercher ?" et il le dit d'ailleurs de moins en moins. Et il réclame souvent "les petites chouettes".

    Alors je pense que l'histoire ne me parle pas particulièrement et j'avoue que je la trouve un peu angoissante pour des enfants mais il semblerait que je n'ai pas le même ressenti que les enfants auxquels elle s'adresse justement car ça les rassure bel et bien !

     


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  • Ça fait un petit moment que j'ai envie de vous parler du nouveau livre fétiche des garçons donc je profite du rendez-vous "Chut les enfants lisent" de Devine qui vient bloguer pour le faire.

    Vous le savez déjà j'ai 3 enfants très sensibles à la maison et les crises de colère sont souvent parfois compliquées à gérer.

    J'ai donc cherché sur le net et je suis tombée sur Le livre en colère.

    Le livre en colère

    Je l'avais déjà vu en magasin mais je n'avais d'abord pas été emballée par son apparente simplicité. Mais Papa positive le conseillant, je me suis laissée tenter. Ça ne pouvait qu'être un bon support pour aider les enfants a gérer les crises de colère ! 

    Et effectivement je ne suis pas déçue ! Les garçons sont devenus totalement fans de ce livre qu'ils demandent tous les soirs.

    L'histoire est très simple, le livre est rouge de colère et il faut parvenir à le calmer en faisant participer les enfants. 

    Ils lui demandent ce qui ne va pas, le laissent dans un coin pour se calmer, comptent jusqu'à 10, lui font une plaisanterie comme ici (le passage préféré de Babycool qui adore lui crier qu'il ressemble à une grosse tomate ^^) :

    Le livre en colère

     

    Et finissent par lui faire un bisou et un câlin (le passage préféré de Babyglu et Big Brother cette fois) :

    Le livre en colère

    Au fil des pages, le livre passe du rouge à l'orange, puis de l'orange au jaune une fois qu'il est apaisé.

    C'est donc un livre que je conseille fortement pour tous les enfants qui ont besoin d'apprendre à canaliser leur colère et d'apprendre à l'apaiser. Ça ne résout pas tout mais ça leur donne des pistes (et aux parents aussi !)  afin d'aider à retrouver son calme. Et ça leur montre également que la colère est une émotion qui arrive à tout le monde. 


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  • C'est presque devenu un rituel depuis la première rentrée de Big Brother, le rendez-vous chez le psychologue. 

    Petite Section

    La première fois, à 2 ans et demi, pour un blocage au niveau des selles. Sa super marraine nous avait alors conseillé un psychologue en nous informant que cela pouvait être un problème de précocité.

    Tous les gens autour de nous nous disaient que Big Brother parlait très bien pour son âge et savait faire des choses surprenantes, mais c'était le premier et cela ne nous paraissait pas étrange. Alors imaginer qu'il puisse être précoce, n'était pas vraiment à l'ordre du jour.

    Première rendez-vous chez le psy donc, le diagnostique tombe, "Vous savez ce qu'est un EIP ? Un Enfant Intellectuellement précoce. Il faudrait que je le revois mais votre fils a au moins 2 ans d'avance."

    Nous sommes ressortis un peu sonnés de ce premier rdv et nous y sommes retournés quelques semaines plus tard. Cette fois le diagnostique était plus précis, selon les domaines d'apprentissage Big Brother avait entre 6 mois et 2 ans et demi d'avance, et un peu de "retard" sur le dessin.

    Le psy nous a alors conseillé de surveiller sa scolarité, l'ennui étant la menace la plus importante.

     

    Moyenne Section

    A l'entrée en moyenne section, nous sommes retournés voir le psy. Big Brother, ne voulait pas retourner à l'école parlait d'ennui justement.

    Il nous a alors conseillé de le mettre dans une école privée mais celle dans la ville la plus proche ayant des tarifs assez élevés, je ne me voyais pas y mettre Big Brother et pas ses frères par la suite. Je ne pouvais pas faire une telle différence entre mes enfants. 

     

    Grande Section

    Depuis quelques temps Big Brother est assez "difficile", je n'aime pas ce terme mais je ne sais pas comment le décrire autrement.

    Il est dans une telle phase d'opposition que nous passons certains jours dans les cris quasiment toute la journée. Il n'obéit pas, ne démords pas, a toujours raison, nous menace, tape des pieds, hurle, frappe ses frères ou se frappe lui-même.

    Il dit des choses inquiétantes comme :

    "Je ne sais pas ce qui va me rendre heureux",

    "Je suis zinzin dans ma tête" (en se frappant le visage)

    "Je vais me trouver une autre famille parce qu'on ne s'entends pas" (en pleurant)

    "Je vais pas tenir le coupA."

    et j'en oublie sûrement !

    Ça fait sourire certaines personnes à qui nous en parlons "C'est marrant les expressions qu'il a. Il parle comme un adulte". Mais nous ça ne nous a jamais fait sourire. Ce ne sont pas que des mots, quelque chose ne va pas et nous sommes bien obligés d'admettre que nous ne le comprenons pas.

    D'où le retour chez le psy. Je lui avais noté tout ce qui nous inquiétait sur une feuille. Il a vu Big Brother en tête à tête, comme à chaque fois, puis est venu nous chercher pour faire le point :

    "La feuille que vous m'avez donnée... C'est normal que votre fils dise tout ça. Il ne va bien."

    Alors oui on s'en doutait, on avait bien vu qu'il n'allait pas bien mais j'avoue que ça fait quand même un choc quand ça vient d'un psy.

    Il nous a alors expliqué que Big Brother est obsédé par la mort, la violence et le sang. Il lui a fait faire le test de Rorschach et il n'y a vraiment rien de positif qui en ressort : bagarre, sang, rats, morsures, cornes, dents, feu, dragon...

    Il a dit au psy qu'il a peur qu'il arrive quelque chose à sa famille et qu'il a peur de mourir.

    D'après lui il est en plein questionnement sur "D'où viens-tu et où va-t-on ?", donc la naissance et la mort mais son développement émotionnel est incapable de gérer les angoisses qui sont liées à ce genre de questionnement.

    Pour visualiser la chose, il nous a donné l'image d'un moteur de Ferrari dans une 2CV.  

    Et puis ces mots sont tombés : "Votre fils est en plein dans un épisode anxio-dépressif". Un terme que l'on ne s'attend pas à attendre pour un enfant de bientôt 5 ans.

    Je n'ai pas pu m'empêcher de demander si c'était de notre faute, à cause des cris quand on perd patience par exemple, mais il m'a assuré que non. Ça n'en est pas moins perturbant...

    Big Brother va donc avoir un suivi pendant quelques temps afin de l'aider à canaliser ses angoisses qui s'expriment au travers de cauchemars et de questions telles que "Ça existe une boule géante qui roule sur la terre et l'écrase en détruisant tout le monde ?" et de colères incontrôlables.

    En gros, un adulte qui ne va pas bien est capable de refouler ses émotions pour faire bonne figure, mais un enfant n'en est pas capable avant l'âge de 11 ans. Il n'a donc aucun moyen de les gérer, en dehors des moments de détente qu'il arrive à s'accorder par le biais de la danse ou du chant, et du découpage concernant Big Brother.  Le psy nous a donc conseillé de le laisser tranquille dans ces moments là même si c'est l'heure du bain ou de manger, car c'est un moment de déconnexion pour lui.

    Depuis ce rdv je cherche comment aider mon fils : homéopathie, livres, astuces anti-cauchemars, filtre plus restreint des dessins animés qu'il a le droit de regarder, écoute et parole...

    Et j'attends beaucoup des prochains rdv avec le psy... 

    Votre fils ne va pas bien

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  • "Tu es la seule à avoir eu une fessée".

    Cette phrase tourne dans ma tête depuis que je l'ai entendue lundi soir. 

    J'ai beau lui avoir répondu "Pas qu'une, tu as la mémoire courte", je ne cesse d'y repenser.

    Et si j'avais tout inventé ? Et si j'avais déformé la réalité ?

    Je n'ai aucun bon souvenir de ma jeune enfance avec lui, alors mon cerveau s'est-il peut-être trop focalisé sur les mauvais pour les cristalliser et les accentuer.

    Je me rappelle des fessées, pas une DES, et pourtant si je dois donner des exemples il ne me vient que cette "raclée" reçue à environ 5 ou 6 ans. 

    Je ne sais plus ce que j'avais fait. Je me rappelle juste avoir été allongée sur ses genoux et avoir reçu plusieurs fessées d'affilé. La seule chose ayant arrêté ce moment de folie étant une peluche que je tenais dans la main et qui répétait chaque son qu'elle entendait.

    Elle avait répété le bruit des coups et des cris et ça l'avait fait rire alors il s'était arrêté. 

    Je ne lui en ai pas parlé, je ne sais pas si il s'en souvient. Peut-être ai-je trop peur qu'il me dise qu'il ne s'en rappelle pas.

    Je me souviens également des gants de toilette d'eau glacée reçus en plein visage ou de la douche froide directement projetée sur mon visage. 

    Mais j'étais "une enfant difficile", la plus difficile des trois ai-je souvent entendu, ou imaginé ?

    Quand j'ai évoqué les gants de toilette il a souri, ça n'était rien de bien méchant apparemment et pourtant je m'en rappelle si fortement.

    Au point que pendant des années en primaire j'avais cessé de me laver, je ne fais le rapprochement que maintenant d'ailleurs. 

    Au point que quand Babycool ou Babyglu sont tellement pris dans une colère et que je leur applique de l'eau fraîche à la main sur le visage pour les aider à s'apaiser, je me demande toujours si ça n'est pas de la maltraitance.

    Au point que je déteste utiliser un gant de toilette et que je privilégie l'usage de mes mains pour la toilette.

    Mais "ça n'était pas bien méchant".

     

    Je me souviens aussi de l'absence.

    Mes parents ont divorcés quand j'avais 8 ans et demi mais je n'ai pour autant aucun souvenir de couple parental.

    Enfin si, je me souviens que quand ma mère s'est gravement brûlée mon frère a du aller chercher mon père au tennis. Il avait alors jeté sa raquette violemment au sol. 

    Je n'étais pas présente, on me l'a raconté, et j'avoue que je n'ai jamais vraiment su si il avait été en colère d'avoir été interrompu ou si il s'était inquiété pour ma mère.

    Ce qui est sur c'est que j'ai une profonde aversion pour le tennis et Roland Garros ! 

    Une aversion si profonde que j'ai même du mal à utiliser des balles de tennis pour laver les doudounes comme c'est souvent recommandé.

     

    Et je me souviens de cette dispute qu'ils ont eu. J'en ignore encore le sujet. Je sais juste que j'étais dans le couloir et j'ai vu mon père pousser ma mère qui est alors tombée à la renverse.

    Il me semble que mon frère m'avait retenue pour que je n'intervienne pas mais je n'en suis pas certaine. 

    Ce sont les seuls souvenirs que j'ai de l'époque où mes parents vivaient ensemble.

     

    Enfin, non pas tout à fait, je visualise également une fois où j'avais arrosé mon frère avec le tuyau d'arrosage et que j'avais retourné le tuyau contre mon père en lui disant "T'en veux aussi ?".

    Ce souvenir qu'il m'a raconté une fois et que j'ai visionné dans ma tête comme un film que j'aurais vu, et non vécu finalement. 

     

    Le reste ça n'est que du ressenti et c'est probablement ce qu'il y a de plus difficile à occulter.

     

    Je sais qu'il a semé les graines de la violence qui est en moi, qu'il fait parti des personnes qui ont terrorisé la petite fille qui reste en moi. 

    Cette petite fille qui panique et se braque dès que ses fils la menacent avec leurs doigts ou une minuscule arme en Lego.

    Je sais aussi qu'il fait parti des raisons pour lesquelles j'ai longtemps pensé qu'un père n'était pas un élément indispensable pour un enfant.

    Que c'est, en parti toujours, à cause de lui que j'ai parfois eu des comportements à risque entre 18 et 20 ans. Cherchant le réconfort et la sécurité que je n'avais pas connus.

    Je sais que je ne serai jamais totalement à l'aise en sa compagnie mais que je m'y accroche car je n'ai plus que ce "parent".

     

    Et depuis lundi je sens que la petite fille est bel et bien toujours là et toujours effrayée par cet homme.

    Je l'ai entendu hausser le ton sur Big Brother et c'était lui, ce père que j'ai connu, si loin de l'image de l'homme sympathique et sociable qu'il donne aux autres.

    Et, bien que Big Brother soit très difficile ces derniers temps, je déteste l'entendre s'adresser à lui de la sorte et intervenir quand je lui parle. 

    Mais je suis incapable de le lui dire car sa petite fille détourne le regard et baisse la tête en reconnaissant cette voix...

    Je préciserai juste que je n'ai pas cherché le jeu de mots dans le titre de l'article, c'est bel et bien ce que j'avais écrit "mon perds"...

    Mon perds

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