• Je suis qui (?) je suis

    Si il y a bien quelque chose que je ne supporte pas, c'est de passer pour ce que je ne suis pas. Je n'aime pas qu'on me fasse des compliments pour des choses qui ne me paraissent pas justifiées, tout comme je n'aime pas les critiques qui concernent des choses que je pense bien faire.

    Ce n'est peut-être pas très clair pour vous mais en tant qu'hypersensible, j'ai un sens aigu de la juste vérité, de la conformité des choses, sens que je retrouve fortement chez Big Brother et qui m'agace fortement par moments...

    Faites ce que je dis pas ce que je fais...

    Et justement, moi qui ai tant parlé d'éducation bienveillante, qui me suis tant penchée sur le sujet avec l'espoir que m'entourer de livres de conseils m'aiderait à me réajuster, je ne peux que vous dire aujourd'hui que je me suis grandement trompée.

    J'apprécie les conseils prodigués, la plupart me paraissent justes mais comme tout conseil ils ne s'appliquent pas à chacun et chez mes enfants beaucoup de choses ne fonctionnent pas. Mais au lieu d'accepter ceci, j'ai forcé, forcé et encore forcé parce que si ça ne marchait pas c'était forcément de ma faute !

    Le problème vient de moi à la base et ça j'en suis consciente. L'éducation que j'ai eue et les violences verbales et physiques que j'ai subies ont laissé des séquelles importantes, des séquelles qui prennent souvent les rennes de mes réactions.

    Et je crie, je lève la main et il m'arrive encore trop souvent de frapper parce que je n'ai plus aucun contrôle sur mes enfants ni sur moi. Je perds ce contrôle quand le contrôle d'une situation m'échappe, mes mots dépassent ma pensée, ma main agit sans attendre l'ordre de mon cerveau et je culpabilise ensuite, restant dans une colère noire contre moi et contre mes enfants de m'avoir fait vivre ça.

    Alors que je sais bien entendu qu'ils n'y sont pour rien. Ils réveillent des pulsions en moi mais ça n'est jamais intentionnel.

    C'est moi l'adulte et c'est à moi de prendre le contrôle de mon corps et de ses émotions. Moi qui ai investi dans un tas de livres et de supports pour aider mes fils à comprendre et exprimer correctement leurs émotions, je leur demande quelque chose que je suis incapable de faire moi-même !

    Enfin, pas forcément incapable mais que je fais avec de grandes difficultés et encore trop souvent de la mauvaise manière. Et en toute franchise j'ai encore bien souvent du mal à démêler mes émotions, à savoir si je suis en colère ou frustrée ou si je suis triste et blessée.

    Et bien que j'entende encore "c'est normal, ça nous arrive à tous", je ne veux, je ne peux pas me contenter de ça ! Ce n'est pas parce que ça arrive à tout le monde que c'est normal ! Ce n'est pas comme ça qu'on peut changer les choses. Juste se donner bonne conscience. Et personnellement ma "bonne" conscience s'est fait la malle depuis un bail.

    Je ne cherche ni à me faire plaindre ni à m'auto-apitoyer, je continue de travailler sur moi, sur mes réactions, avec l'aide un psychologue spécialisé dans les traumatismes liés à l'enfance et je sais que j'y parviendrai un jour.

    Le chemin est long, bien trop long, et je me suis moi-même semé des embûches en me plongeant corps et âme dans un objectif que je suis incapable d'atteindre pour le moment : l'éducation positive.

    Au lieu de m'aider, ce courant m'a rendu encore plus mauvaise. Je ne dis pas qu'il est mal fait, à déconseiller ou que je le renie, pas du tout. Je dis juste que me concernant ça a ajouté une pression à une enfance non réglée et qui a besoin d'être évacuée. Ça a fait un conflit d'intérêt, un peu comme quand on installe 2 anti-virus sur un PC, les 2 s'attaquent et l'ordinateur ne se trouve donc plus protégé ! (référence geek bonjour !)

    En voulant guérir mon passé, mon enfant intérieur, je l'ai attaqué à base d'une bienveillance qui lui fait peur, une bienveillance qu'il n'a pas connue et voit comme une menace. Tout simplement parce que j'ai souhaité l'appliquer à mes enfants tout en m'oubliant, en oubliant qu'avant de pouvoir être bienveillante envers eux, il fallait que je le sois envers moi. Et pour le moment j'en suis toujours incapable.

    J'ai enfin compris qu'il faut que je sorte beaucoup de choses de moi-même, avant de pouvoir espérer comprendre convenablement mes enfants.

    Lors de ma dernière séance, j'ai montré au psy cet endroit qui me démange toujours, qui me donne toujours envie d'extirper un mal de moi, une boule de rage incontrôlable : le plexus solaire.

    Il m'a expliqué que cette sensation était signe d'une profonde tristesse, tristesse qui à priori serait enfouie sous les autres émotions qui se manifestent tel un mécanisme de défense.

    Il m'a également expliqué que je suis comme divisée en deux, une partie de moi étant la maman aimante et dévouée, l'autre étant les réminiscences de mon passé qui se manifestent pour me protéger. Sauf qu'à force d'avoir été utilisé, ce mécanisme de défense ne sait plus disparaître. Et il réapparaît à chaque moment de stress, peu importe qui est en face de moi.

    Il réagit avec cris, violence verbale et parfois gestuelle, comme pour dire "que personne ne m'approche je suis en danger et je ferai tout pour survivre ! ".

    Mon corps a gardé en mémoire ces signes de danger que j'ai vécu par le passé et aujourd'hui il ne sait finalement plus les traduire correctement. Le stress me déconnectant trop souvent de mon cortex pour laisser agir le cerveau reptilien, celui de la "survie", celui qui réagit au quart de tour au stress sans une réflexion réelle. (Vous pouvez voir le détail des 3 cerveaux dans ce lien).

    Le plus frustrant c'est de le savoir mais de ne pas encore réussir à gérer ces angoisses pour les rendre plus raisonnables et donc les traiter avec mon cortex.

    Tout ça pour vous dire que même si je partage énormément de choses positives que ça soit en matière d'éducation ou sur la vie de manière générale, je suis encore loin de me les approprier.

    Je vous les partage car j'y crois et c'est un but que je souhaite atteindre mais j'ai encore tellement d'étapes à franchir avant d'y parvenir. Et poster des messages encourageants, des méthodes bienveillantes et innovantes ça m'aide à me rappeler qu'il y a d'autres solutions.

    Cependant, je ne souhaite plus me laisser culpabiliser pas ces solutions, car cela me rend bien trop irritables et réactive. Je ne veux plus que ces solutions m'oppressent, je veux qu'elles m'éclairent et si pour ça je dois m'en éloigner ou accepter qu'elles ne sont pas faites pour notre famille, je le ferai désormais.

    J'essaye, si ça marche tant mieux et j'essaie de m'en rappeler pour le ressortir au moment opportun mais si ça ne fonctionne pas c'est tout simplement que nous ne sommes pas des machines sur lesquelles une seule et même méthode peut s'appliquer.

    Je m'excuse pour ce texte très brouillon car je vous sors ce que j'ai sur le cœur tel quel, parce que je ne veux pas passer pour ce que je ne suis pas. Je suis dans un bordel intérieur phénoménal, alors ne vous méprenez pas sur moi. 

    Je ne suis pas comme il faut, j'essaie juste de me réparer à la manière du Kintsugi, méthode japonaise qui consiste à recoller des céramiques cassées avec une jointure d'or, lui donnant plus de valeur qu'avant. Je veux faire des mes faiblesses une force.

    Je suis qui (?) je suis

     

     

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