• La bienveillance, cette douce hypocrite

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    La bienveillance c'est LE mot à la mode, on l'entend de plus en plus, je l'utilise d'ailleurs moi-même très souvent sur mon blog ou ma page.

    J'aime ce mot et ce qu'il représente. C'est doux, c'est rassurant comme un cocon sécurisant, c'est bienveillant quoi !

    Le Larousse la définit ainsi :

    "Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui".

    Ce qui est assez drôle (en réalité ça me fait rire jaune soyons francs !), c'est que les personnes qui prônent le plus la bienveillance l'oublient rapidement quand on est en désaccord avec eux.

    Être indulgent avec autrui, c'est bien respecter ses choix et ses décisions non ?

    On a le droit d'être en désaccord mais, pourquoi ne pas l'être en toute bienveillance alors ? C'est bien là qu'elle est le plus utile non ?

     

    "Je ne suis pas d'accord avec toi, je t'exprime mon avis, mais je respecte ton choix."

     

    Alors pourquoi quand on parle de biberon et d'allaitement certains clans un peu trop PRO critiquent l'autre ?

    "Le lait artificiel c'est mal, l'allaitement il n'y a que ça de vrai !"

    "L'allaitement c'est égoïste, le biberon c'est mieux, tout le monde peut le donner !"

     

    Et je m'aperçois que le débat est le même quand on parle scolarité. 

    À ceci près qu'il y a 3 clans cette fois :

    • les PRO école publique
    • les PRO école privée
    • les PRO IEF (Instruction En Famille)

     

    Et encore une fois, les jugements francs ou sous-entendus vont bon train !

    "Le public c'est mal, le privé est bien au dessus"

    "Le privé ne sert à rien, l'enseignement est le même partout."

    "Le système scolaire est mauvais, il n'y a que l'IEF qui soit adaptée aux enfants."

     

    Et des exemples comme ça il y en a plein : les PRO vegan qui agressent ceux qui osent avoir un autre régime, les PRO laits végétaux qui crient au scandale quand on leur parle de lait de vache, les ANTI vaccins qui condamnent les parents qui osent vacciner leurs enfants, et je pourrai encore poursuivre longtemps comme ça.

     

    Mais j'ai envie de dire, et si chacun avait raison ? Et si chacun faisait en fonction de ce qui lui convient ? En fonction de ce qui convient à son enfant, à son mode de vie, à ses convictions ?

    Je respecte chaque point de vue et j'essaie toujours de ne pas imposer le mien, pour la bonne est simple raison que c'est le MIEN justement !

    MON point de vue avec mon vécu, mes expériences, mes connaissances, mes angoisses, et il peut ne pas correspondre aux autres, ou devrais-je même dire qu'il NE PEUT PAS correspondre aux autres.

    Et j'ai parfois l'impression que sous prétexte qu'ils prônent la bienveillance, certains pensent être au dessus des autres et se permettent donc d'oublier que l'autre n'est pas eux ET qu'il a sa propre opinion ET qu'elle n'est pas mauvaise pour autant !

    La bienveillance se pratique à chaque instant et le respect en est la base.

    La CNV (Communication Non Violente) est probablement l'outil idéal pour conserver sa bienveillance en toute circonstance mais surtout quand on est en désaccord. Ça permet de ne pas froisser l'autre, de ne pas le faire se sentir jugé ou déprécié. 

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    De même que les 5 accords Toltèques :

     

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    Attention, je ne mets pas tout le monde dans le même panier et c'est d'ailleurs bien là le but de cet article, RESPECTER les opinions de chacun, c'est quelque chose qui me semble fondamental pour vivre en harmonie.

    Certains appelleront ça "prendre des pincettes" mais j'appelle ça tout simplement la base de tout rapport respectueux.


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  • Comme la plupart des enfants de ma génération j'ai été élevée aux contes de fée classiques, ceux de Perrault, des frères Grimm et Andersen entre autres.

    J'ai adoré ces histoires étant enfant comme j'ai adoré les étudier sous un autre angle en cours lors de mes études d'arts du spectacle. 

    Vous savez cet angle d'approche dont on entend souvent parler aujourd'hui, les vrais contes aux fins plutôt dramatiques et leur véritable sens. 

     

    Le père de Belle qui offre sa fille à une bête féroce après lui avoir arraché sa "fleur".

     

    La Belle au Bois dormant qui est violée par le prince pendant son sommeil.

     

    C'est tout de suite moins féerique n'est-ce-pas ?

    Heureusement, les versions qui ont bercé notre enfance étaient bien plus édulcorées.

    C'est pourquoi, en dépit de mes cours, j'ai tout naturellement voulu lire ces contes à mes enfants.

    Ce sont des classiques après tout et il me paraissait inconcevable qu'ils ne les connaissent pas. Jusqu'au jour où j'ai commencé à leur lire ces histoires au moment du coucher. 

     

    Le méchant loup du Chaperon Rouge qui est éventré, rempli de pierres et noyé.

     

    L'esclave d'Ali Baba qui ébouillante les voleurs avec de l'huile et poignarde leur chef.

     

    La méchante reine qui demande le coeur de Blanche-Neige.

     

    Les parents du Petit Poucet qui l'abandonnent à plusieurs reprises dans la forêt.

     

    D'accord ces histoires se terminent bien dans ces livres mais est-ce vraiment l'idéal avant de s'endormir ?

    Et est-ce vraiment sain quand on a des enfants hypersensibles et hyper-émotifs comme les miens ? 

    Big Brother est obsédé par la violence et la mort et ses frères et lui ont une forte angoisse de l'abandon. Je ne pense donc pas que ces lectures leur soient adaptées.

    Attention, je ne dis pas qu'il faut bannir les contes, je parle juste de ma propre expérience avec mes propres enfants.

    Connaissant leurs caractères, j'ai préféré supprimer les contes classiques de nos lectures pour privilégier des lectures plus riches et plus adaptées.

    Des lectures qui les aident à comprendre leurs émotions, qui les rassurent sur l'amour inaltérable de leurs parents et sur eux également.

    Je sais qu'ils ont un besoin énorme d'être rassurés et d'apprivoiser leurs émotions, de les comprendre afin de savoir composer avec et je ne pense pas que les contes apportent ce que je cherche à leur transmettre.

    Je sais bien qu'ils les étudieront à l'école et qu'ils en liront surement quand ils en choisiront à la bibliothèque mais à ce jour, je privilégie leur bien-être et, à mon sens, ça passe par d'autres types de lectures.

    Je crains que les contes ne favorisent certaines angoisses alors que les livres que je leur choisis vont plutôt dans le sens inverse (apaiser la colère, comprendre la peur du noir, déchiffrer les différentes émotions qui les assaillent...).

    Attention (bis), je n'empêche pas pour autant mes fils de regarder les grands classiques Disney qui reprennent les histoires de ces contes, je cherche juste à en limiter l'impact et à leur donner des lectures d'une autre dimension.

    Pourquoi j'ai supprimé les contes de nos lectures ?

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  • À chaque fois que je sors du cabinet du psy je suis abasourdie, comme si on m'avait violemment giflée ou assommée. Cette fois n'a pas fait exception...

    Big Brother a discuté seul avec lui comme à l'accoutumée, puis il est venu nous chercher pour le compte-rendu de la consultation.

    Nous ne savons pas tout ce qui s'est dit mais nous savons l'essentiel. Et, peut-être est-ce parce que j'ai moi-même consulté plusieurs psychologues, mais ça ne me dérange pas vraiment. L'important étant que Big Brother ait pu être entendu et compris.

    Le psychologue semble toujours un peu étourdi aussi après ses entretiens avec Big Brother. Il nous a même dit qu'il avait plusieurs fois vérifié son âge durant la consultation car "ça ne collait pas avec son discours".

    Il a même ajouté qu'en près de 30 ans de carrière il n'a jamais vu un enfant comme ça. Non pas de manière péjorative mais en terme d'évolution.

    Selon lui, Big Brother a 5 ans mais il a la finesse d'analyse et la justesse d'utilisation du langage d'un adolescent, voire d'un jeune adulte. Comme si il avait justement déjà tout le vécu d'un adulte derrière lui.

    Je vous avoue m'être demandée si il n'avait pas hérité de mon lourd vécu durant ma grossesse. On transmet tellement de choses bien avant la naissance et les enfants sont de telles éponges...

    Je n'aurai jamais le fin mot de l'histoire, mais si tel est le cas, j'en suis désolée, car Big Brother ne profite pas de son enfance avec toute l'innocence dont peut faire preuve un enfant.

    Il a une innocence enfantine, il a bien entendu réellement 5 ans, d'autant plus émotionnellement. Mais cette innocence est cernée d'angoisses toutes plus profondes les unes que les autres.

    Des angoisses dites archaïques, comme la peur de l'abandon, qu'un enfant doit finir par dépasser à moins d'être "trop" intelligent pour ça. Ces angoisses sont alors intellectualisées et tournent en boucle, tel un cercle vicieux infernal.

    Quand le psychologue a demandé à Big Brother de lui parler de ses peurs, il a cité les fantômes et ajouté "Mais je ne sais pas dire pourquoi, c'est étrange."

    D'après lui, un enfant est incapable de parler comme ça avant l'adolescence au minimum, l'analyse de ses propres émotions étant un processus qui s'acquiert avec le vécu, et pas celui qu'on a après 5 courtes années passées sur terre !

    Il nous a alors conseillé de le laisser parler de ses émotions quand il nous dit qu'il n'est pas bien. Mais à la condition de pouvoir le laisser jouer seul ensuite.

    Tout simplement car le fait de parler de ses émotions va les raviver et le jeu va lui permettre de faire diversion et de refouler ses angoisses.

    Seul, car ainsi il apprendra peu à peu le refoulement et n'aura pas besoin d'un tiers pour l'orienter. Ça deviendra un automatisme pour lui.

    C'est important qu'il puisse prendre ce réflexe afin de ne pas se laisser dévorer par ses émotions. Elles ont été évacuées par la parole mais sont toujours présentes dans son esprit et si il ne se concentre pas sur quelque chose de plus gai, il ressassera et sera plus "difficile", à fleur de peau.

    C'est le même principe qu'un adulte qui va au cinéma pour se changer les idées ou qui fait le grand ménage quand ça ne va pas.

    Principe de refoulement qui s'acquiert à partir de 11 ans...

    Le but des consultations est donc de lui permettre d'acquérir ce principe bien avant ses 11 ans.

     

    Pour finir, je tiens à préciser que chaque chose que je relate ici a été dite par un professionnel, qui plus est un professionnel reconnu dans la région.

    Pourquoi cette précision ? Tout simplement parce que je n'arrive pas à me sortir de la tête le commentaire d'une personne posté  il y a environ un an sous un article de presse évoquant les enfants précoces :

    "Les enfants des blogueuses sont tous surdoués lol."

    Non les enfants de blogueuses ne sont pas tous surdoués mais c'est tout simplement parce que celles qui en ont s'exposent et ressentent le besoin d'en parler qu'on peut avoir cette impression.

    Je suis fière de mon fils et fière de son intelligence mais je peux vous assurer que j'aurais souhaité qu'il n'ait pas ce potentiel qui le ronge chaque jour. 

    J'aurais souhaité qu'il puisse profiter de son enfance en toute innocence et sans être cerné d'angoisse sur la mort à tous les sens possibles et imaginables.

    À tel point que quand il me demande pourquoi les feuilles tombent, je n'ose pas lui répondre qu'elles sont mortes mais plutôt qu'elles flétrissent. 

    Alors non ce n'est pas pour se vanter qu'on parle de son enfant à haut potentiel mais parce que ça nous fait peur tout simplement !

    Peur qu'il soit incompris dans cette société conventionnelle, peur qu'il soit en échec car il ne rentre pas dans le moule des élèves classiques, peur que ses pensées morbides prennent le dessus et finissent par le détruire, voire pire.

    Et ce genre de commentaire ne fait que prouver que la société, où la concurrence et le dénigrement font loi, n'est toujours pas prête à accepter un enfant qui sort du lot, d'une manière ou d'une autre d'ailleurs. Car c'est exactement pareil pour les enfants souffrants d'un handicap, d'autisme, de trisomie 21 ou de toute autre chose que les petits esprits si obtus considèrent "hors normes".

    La normalité n'est qu'un mot, dont la définition change d'une personne à une autre. Et pour moi la seule normalité est de pouvoir être soi, tout simplement. 

    Un si lourd potentiel

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  • Si il y a bien une phrase que j'entends souvent et qui m'agace à chaque fois concernant Big Brother c'est celle-là, parmi d'autres dans la même veine : 

    "Olala il est dur celui-là !"

    "Quelle tête brûlée !"

    "Il veut commander !"

    "C'est un tyran !"

    "J'en ai vu des comme ça et les parents n'en venaient plus à bout !"

    "Il faut le mater tout de suite, lui montrer qui c'est le chef !"

    "Il va finir par vous taper dessus à l'adolescence avec un tel caractère !"

    Des phrases qui sont bien entendue prononcées devant lui, ces personnes doivent sûrement être du genre à dire "Vas-y saute !" à quelqu'un qui menace de se jeter d'un pont.

    Ou alors sont-elles à ce point ignorantes des émotions des enfants pour s'apercevoir que tout ça ne fait que dévoiler un mal-être qui s'accentue de jour en jour ?

    Un mal-être qui le ronge de l'intérieur et qui fait fuser des pensées qu'il n'arrive pas à maîtriser dans sa tête de petit garçon de 5 ans. 

    Des pensées qui lui donne chaque jour mal à la tête, qui le rendent agressif car il ne sait pas les stopper et qu'elles le dépassent totalement, ne lui laissant aucun répit.

    Le fameux moteur de Ferrari dans une 2cv comme nous a expliqué le psy... 

    Je déteste entendre ces critiques et ce, pour différentes raisons, la première étant bien entendu qu'elles n'ont rien de constructif et qu'elles ne font que coller une étiquette de "sale gosse" sur mon fils. N'ayons pas peur des mots, c'est bien ce que les gens pensent en disant ça ou alors le fameux "enfant roi". Mais l'un comme l'autre n'est pas flatteur.

    Ça a aussi tendance à me jeter en pleine figure mon incapacité à gérer mon enfant car c'est bien ça qui est également sous-entendu. Le "dressage" de l'enfant, tel un lion auquel on apprend à sauter dans un cerceau enflammé. Et encore, je pense que ces personnes seraient plus tolérantes avec un animal...

    Mais un enfant ça ne se dresse pas, ça s'accompagne et oui, j'ai souvent du mal à l'accompagner je le reconnais. Parce que ce petit être n'est qu'un reflet de moi-même, un reflet que j'ai encore parfois du mal à voir et que je n'ai pas encore totalement appris à gérer chez moi, alors comment pourrais-je l'aider à gérer cette facette de sa personnalité ?

    Cette angoisse permanente d'être abandonné ou rejeté, cette peur qui le fait se rendre détestable auprès des gens qu'il aime tantôt par maladresse tantôt pour avoir l'impression de maîtriser les choses.

    Si je rejette les gens, ils ne pourront pas me rejeter...

    J'ai mis des années à me rendre compte de ce mécanisme en moi, des années durant lesquelles j'ai parfois été horriblement odieuse avec des personnes qui ne me voulaient aucun mal mais qui étaient là au mauvais moment, quand j'en voulais au monde entier d'avoir vécu dans la peur, le rejet, sous les ordres, les menaces, les angoisses, les mensonges et les coups.

    Alors je leur crachais ma haine au visage afin qu'elles me laissent avant d'avoir l'occasion de me rejeter par elles-mêmes.

    Cette angoisse que j'ai probablement transmise à chacun de mes fils puisque les trois ont énormément de mal avec la séparation, notamment quand c'est moi qui les dépose à l'école ou chez la nounou. Si c'est leur père, ils ne pleurent pas.

    Je me raccroche à la théorie de la figure d'attachement mais il n'y a pas que ça...

    Big Brother me met souvent face à un miroir, il me blesse par ses propos et ses confrontations, ses oppositions, ses colères. Mais il me blesse de différentes manières, en me ramenant à ce que j'ai vécu et qui n'est pas encore totalement guéri mais aussi à cette incapacité que j'ai eu à le protéger de tout ça, à cette énorme difficulté que j'ai à le comprendre et l'accompagner au moment où il a le plus besoin de moi, quand il fulmine.

    Il réveille en moi tout ce que j'aurais souhaité lui épargner mais que j'ai dans mes bagages. Je mets en place des outils pour l'aider mais mon esprit manque encore d'adaptabilité pour les utiliser au bon moment. J'y arrive parfois, et parfois non. Mais je progresse et il sait qu'il peut en discuter avec moi.

    Et toutes ces critiques c'est un peu la même chose que ce miroir que j'ai tant de mal à regarder. Elles sont insidieuses car sous couvert de critiquer Big Brother, c'est bien évidemment moi qu'on critique, mes méthodes, mes échecs et même mes réussites.

    Ça me donne l'image de frapper un homme à terre. J'ai des difficultés avec mon fils, non pas parce que c'est un enfant difficile, mais parce que c'est un enfant tout simplement, et avec un haut potentiel, qui plus est, et ces personnes bien pensantes me montrent à quel point je suis perdue et dépourvue face à lui.

    Je leur en veux sûrement aussi de prononcer parfois certains mots qui m'échappent moi-même en période de grosse colère, des mots sur lesquels je reviens toujours auprès de Big Brother en lui expliquant pourquoi ils m'ont échappés et en m'excusant, mais des mots qui restent malgré tout.

    Et au fond, je dois sûrement leur en vouloir de ne pas savoir non plus les retenir et d'abîmer l'estime de mon fils en les prononçant, comme moi je le fais. 

    Alors je me justifie souvent en leur répondant qu'il est suivi par un psy et qu'on ne l'abandonne pas à son triste sort, qu'on ne le "laisse pas faire".

    Mais pourquoi me justifier au juste ? Ça rassure qui au fond, ces personnes ou moi ?

    Et puis c'est un mensonge finalement parce que je ne l'emmène pas chez le psy car il "est difficile" mais parce qu'il est mal dans sa peau et cette nuance est importante.

    Un enfant qu'on dit difficile est un enfant qui va mal et non pas un futur délinquant ou une cause désespérée. 

    Il est dur celui-là !

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  • Qui vole un oeuf...

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    Samedi en quittant la caisse après avoir réglé les courses, je vois une petite boîte de Skittles dépasser de la poche de Big Brother.

    Je demande à Dad en Vrac si il lui a pris ces bonbons, il me dit que non. On s'éloigne de la caisse et on explique à Big Brother qu'on a vu ce qu'il avait dans sa poche et que c'est mal de voler. D'autant plus que son père avait déjà pris un paquet de bonbons.

    Je vous avoue que j'ai hésité à en rester là. Ça n'était qu'une petite boîte de bonbons après tout... Mais si je le laissais les manger c'était cautionner ce qu'il avait fait et qui sait ce qu'il aurait pu essayer de voler ensuite.

    Je ne pouvais pas non plus juste lui reprendre et sortir du magasin, la boite de bonbons dans mon sac, car c'était contradictoire. Lui dire que c'est mal mais les prendre quand même.

    Alors je l'ai emmené à l'accueil en lui expliquant qu'il allait tout simplement rendre le paquet en s'excusant auprès du magasin. Il a pleuré. Il avait peur que la dame de l'accueil appelle la police. Je l'ai rassuré en lui expliquant qu'elle n'appellerait pas la police puisqu'il rendait son butin.

    Ses larmes ont ensuite repris quand il a pensé que le Père Noël avait vu ce qu'il avait fait et qu'il ne lui apporterait pas de cadeaux. Je l'ai de nouveau rassuré en lui expliquant que le Père Noël voyait également qu'il était en train de rattraper son erreur.

    La dame de l'accueil était surprise quand je lui ai tendu le paquet et a simplement dit à Big Brother de ne pas recommencer. Elle a même été émue quand il s'est excusé en pleurant.

    Pourquoi j'ai choisi cette option ? Parce que je sais que son geste est en lien avec son mal-être. Je sais qu'il a fait ça pour qu'on s'intéresse à lui et je sais que le rabrouer n'aurait servi à rien. J'ai moi-même eu une période kleptomane au moment du divorce de mes parents. Je volais des stylos plumes avec une copine dans un magasin de ma ville. Jusqu'au jour où nous nous sommes fait prendre.

    Sa mère est venu régler nos larcins et a ensuite prévenu ma mère qui m'a juste offert une gifle monumentale, envoyant valser mes lunettes à terre. J'avais environ 12 ans et je m'en rappelle encore. Je n'ai plus jamais volé non pas parce que c'était mal mais parce que j'avais peur, parce que c'était associé à cette gifle si violente, sans que ma mère ait même cherché une explication à mon comportement.

    C'était une autre génération me direz-vous...

    Mais je ne voulais pas que Big Brother associe le vol à une punition, juste qu'il comprenne que c'est mal et qu'il ne faut pas le faire.

    Dad en Vrac lui a expliqué que des gens vendent ces produits, qu'ils engagent des frais pour les réaliser et qu'ils en perdent si on les prends sans payer. Un peu complexe mais il a compris.

    J'ai juste ajouté que l'hôtesse d'accueil qui a passé nos courses aurait pu avoir des problèmes quand ses patrons se seraient aperçu du vol.

    Je pense que Big Brother a compris et qu'il ne recommencera pas, du moins je l'espère.

    Je suis aussi contente car Dad en Vrac m'a dit que j'avais eu une bonne idée. Non pas qu'il conteste mes choix habituellement mais il ne pense peut-être tout simplement pas à me le dire, comme je n'y pense pas forcément d'ailleurs.

    Si j'en parle aujourd'hui c'est parce que cet événement m'a touchée, non pas pour le vol en question mais parce que c'est une preuve supplémentaire que mon fils va mal...

    Ça vous est déjà arrivé ? Vous avez / auriez réagi comment dans une telle situation ?


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