• On ne dit jamais trop (ni jamais assez !) à nos proches qu'on les aime et on ne pense pas toujours à préciser pourquoi, ou plutôt ce qui nous fait fondre chez eux.

    C'est pourquoi, je tenais aujourd'hui à écrire à mes fils ce que j'aime chez eux. Non seulement pour qu'ils le sachent mais aussi pour en garder une trace indélébile. Merci l'ère du numérique !

     

     Big Brother 

    • J'aime te voir réconforter tes frères en t'allongeant à côté d'eux ou en leur assurant "Ça va aller, ne t'inquiète pas".
    • J'aime quand tu te concentres pour colorier sans dépasser avec cet air si sérieux et appliqué, comme si tu réalisais le plus grand des projets.
    • J'aime t'entendre dire "Rentre chez toi te reposer, tu as eu une grosse journée" aux personnes qui t'entourent quand je viens te chercher à la garderie.
    • J'aime quand tu te caches sous ta couette ou sous ta serviette et que tu rigoles dès que je demande "Mais il est où Big Brother ?!"
    • J'aime quand tu essaies de chanter en anglais et que tu t'arrête en disant "Olala il chante trop vite le monsieur !" (I don't wanna go to bed Simple Plan)

     

    Babycool

    •  J'aime cette façon que tu as de tenir ta tétine en dormant, comme si tu craignais qu'elle ne t'échappe. 
    • J'aime quand tu hurles cries "Keykey !" avec enthousiasme dès que tu vois Mickey quelque part, aussi petit soit-il.
    • J'aime te voir danser sans retenue dès que tu entends la moindre note de musique, même une sonnerie de téléphone !
    • J'aime quand tu entoures mes jambes de tes bras et que tu poses ta tête contre mes cuisses pour me faire un câlin, toi qui n'en est pas trop fan.
    • J'aime te voir saluer avec entrain les personnes que tu croises, que tu les connaisses ou non.

     

    Babyglu

    • J'aime devoir te chercher au milieu des peluches de ton lit, parmi lesquelles tu te sens rassuré.
    • J'aime la manière dont tu viens nous voir avec un chapeau ou des lunettes de soleil pour qu'on te les mette, et te voir repartir le sourire aux lèvres.
    • J'aime quand tu apportes sa tétine à Babycool et que tu la lui mets dans la bouche quand il est triste.
    • J'aime te voir t'auto-applaudir quand tu as réussi quelque chose dont tu es fier.
    • J'aime te voir exploser de rire pour des choses aussi simples que regarder Papa ou Big Brother faire des bulles de savon au dessus de toi. 

     

    Il y a évidemment un tas d'autres que j'aime chez chacun d'eux mais il fallait bien faire un choix et ce sont actuellement ces petites choses qui font craquer mon coeur de maman.

    Ils sont mes trois êtres parfaitement imparfaits et je veux me rappeler de ces moments simples et tellement vrais, tellement vivants.

     

    Ce que j'aime chez toi


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  • Tu es toujours mon tout petit et tu es pourtant si grand. 2 ans et demi d'avance à ton âge c'est tout simplement énorme, et parfois tellement déstabilisant. 

    Après seulement quelques mois passés chez elle, ta nounou me disait déjà "Il n'est pas comme les autres, c'est un phénomène et j'en ai vu passer des enfants". 

    C'est toujours une fierté d'entendre ce genre de phrase mais elle le disait elle-même, elle t'aime comme son propre petit-fils alors je me disais qu'elle manquait d'objectivité, tout autant que nous.

    Evidemment nous t'avons toujours trouvé très intelligent et tu nous as souvent épatés, et tu nous épates encore régulièrement d'ailleurs. Mais tu es notre premier enfant et nous n'avions pas vraiment de point de repère. Et puis, je trouvais ça prétentieux de te trouver plus intelligent que les autres. D'ailleurs, quel parent ne trouve pas son enfant plus intelligent, plus beau, plus dégourdi, tout simplement "plus" que les autres ?

    Mais quand le psychologue nous a demandé si nous connaissions le terme EIP (Enfant Intellectuellement Précoce) j'ai senti comme un poids se soulever de mes épaules... Pour mieux venir s'y rabattre.  

    Et si je gâchais ton potentiel ? Si je te faisais régresser au lieu de progresser ?  Si je ne savais pas comment t'accompagner en respectant ton évolution ? Et si je ne n'étais pas capable de reconnaître et d'accompagner tes angoisses ?

    Tu as 3 ans, presque et demi, tu es toujours mon bébé et tu es pourtant déjà si soucieux. Tu penses à des choses que tu devrais ignorer à ton âge et j'ai parfois du mal à trouver les mots pour te rassurer. 

    Tu as cette peur de l'abandon ancrée en toi et qui fait fuser tes méninges, accentuant tes angoisses.  

    "Personne ne va voler mon papa et ma maman hein ?", 

    "Personne ne va venir nous tirer [dessus] ?" 

    "Personne ne va voler notre maison ?" 

    "Notre maison elle va pas brûler ?" 

    Tes mots brisent mon cœur de maman qui ne sait plus comment te rassurer.  

    Je te répète sans cesse que je t'aime, que je suis votre maman à tous les 3 et que vous avez chacun votre place, que je viendrai toujours te chercher à la garderie, que papa rentrera toujours du travail, que nous te protégerons sans relâche et j'en passe. Et pourtant tes angoisses ne s'apaisent pas. 

    Ma culpabilité légendaire s'en voit d'autant plus alourdie que j'entends régulièrement "C'est bizarre qu'il pense ça à son âge." 

    La précocité c'est à double tranchant. C'est une fierté permanente de te voir évoluer si rapidement, de te voir faire des choses qui ne sont a priori pas de ton âge.  

    Tu reconnais les lettres de ton prénom et tu sais presque l'écrire seul.  

    Tu sais compter jusqu'à 15 en français et jusqu'à 10 en anglais. 

    Tu es le seul à vouvoyer ta maîtresse et elle est aussi impressionnée que nous.  

    Mais c'est aussi une tragédie de voir que tu anticipes tout et que tu ne profites pas simplement des choses comme les enfants de ton âge.  

    C'est aussi difficile de voir que tu refuses de faire ce qui ne t'intéresse pas. Le psy nous a bien dit que pour les enfants comme toi, le dessin et l'écriture ne vont pas assez vite pour ta pensée et que tu préfère les éviter au point de refuser de dessiner un simple bonhomme en classe.  

    Sur ce point, il semblerait néanmoins que tu te sois assoupli en classe et que tu acceptes enfin de faire comme les autres. 

    Ta maîtresse m'a déjà dit qu'elle a peur de te mettre en échec scolaire car elle n'est pas formée pour les "enfants comme toi". Elle s'adapte tant qu'elle peut, elle te laisse faire autre chose quand c'est possible et je l'ai sentie rassurée quand je lui ai dit que tu étais content de tes journées. 

    Et moi j'ai peur d'accentuer ta peur de l'abandon depuis la naissance de tes frères car je manque de temps, je me divise en permanence et je ne peux pas faire tout ce que je souhaiterai, ce qui est aussi frustrant pour toi que pour moi. 

    Tu as beau être en avance sur beaucoup de chose, tu as toujours les capacités émotionnelles d'un enfant de ton âge... en plus fort. Le psychologue et l'ostéopathe que tu as rencontrés nous ont tous les deux expliqués que les émotions chez les enfants précoces étaient exacerbées.  

    Quand tu étais bébé, je me suis souvent demandé si tu n'étais pas un B.A.B.I. Mais il y avait finalement autant de points qui te correspondaient que de points qui étaient si éloignés de ton caractère. Tu as toujours accepté d'aller vers les autres, tu as rapidement si jouer seul, comparé à tes frères on peut dire que tu t'es peu fait mal volontairement.  

    Et depuis l'arrivée de Babyglu, je sais qu'un B.A.B.I. c'est tout autre chose que toi bébé ! 

    Mais je sais aussi que tu es un hyper sensible, que tout te touche et que tu n'aimes pas voir les personnes que tu aimes tristes ou malades. 

    Tu es très attentionné, tu souhaites une bonne journée à tout le monde, tu nous demandes comment nous allons, tu nous fait des bisous, tu apportes des jouets à tes frères pour les calmer (quand tu es décidé bien sûr !!), tu dis à ta maîtresse "Le soleil va se coucher, il faut que tu rentres pour te reposer."  

    Et tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière d'être ta maman. Je suis fière d'entendre régulièrement que les gens sont épatés d'un tel comportement et d'un tel langage à ton âge. Je suis fière devant ta volonté d'apprendre encore et toujours, tes demandes constantes pour faire des activités, découvrir les lettres et les chiffres et tant d'autres choses. 

     

    Et je tiens à ce que tu saches que rien n’entachera jamais cette fierté et que oui je serai toujours ta maman et je t'aimerais toujours plus que tout au monde, plus que tout l'univers et même bien plus encore...

      Mon grand petit garçon


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  • J'ai le cœur si lourd que je ne sais pas par où commencer. Nous sommes le 17 novembre 2015 et je n'arrive pas à accepter l'inacceptable. Je me refuse à prononcer certains mots par peur de les rendre trop réels et pourtant ils me hantent, surtout un en particulier.

    Un mot si lourd de sens, si loin de tout ce que j'ai toujours souhaité pour vous. Un mot que j'aimerais que vous n'entendiez jamais, qu'aucun enfant ne devrait jamais entendre d'ailleurs. Je ne suis pourtant pas du genre à me voiler la face mais la peur semble me faire dérailler. Car oui j'ai peur.

    Depuis 3 jours mon cœur s'emballe en permanence. Depuis 3 jours je tremble et je retiens mes larmes quand je dois m'éloigner de vous ou de votre père. J'ai l'impression de ne jamais m'être vraiment réveillée ce samedi 14. Je suis piégée dans ce moment où j'ai lu les nouvelles, l'horreur du VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015, le sang, les cris, les larmes, LES MORTS, tellement de morts... Des personnes comme vous et moi qui étaient juste sorties s'amuser, prendre un verre, voir un match de foot ou aller à un concert. Des personnes qui étaient juste au mauvais endroit au mauvais moment et qui sont devenues les victimes de l'ignorance et de la barbarie.

    De l'ignorance car les monstres qui les ont tuées l'ont fait au nom d'un Dieu, Allah, qui n'a jamais demandé une telle infamie. Voici un extrait du Coran, qui est soit-disant le texte sur lequel ils s'appuient :

    Mes amours, ma vie, mon futur

    Et de la barbarie car il n'y a pas d'autres mots pour décrire de tels événements ; des attentats. Je ne souhaite pas faire un débat sur la religion mais vous savez que je respecte les croyances de chacun et j'espère que vous en ferez de même. Je tiens juste à vous montrer qu'il ne faut pas faire d'amalgame. Les musulmans ne sont pas des terroristes. La différence est simple. Les musulmans sont des croyants au même titre que les chrétiens par exemple et les terroristes sont des monstres de barbarie. Et ceux-là, on ne peut pas les chasser avec vos sprays anti-monstres malheureusement.

    Depuis ce samedi, je vois des cibles potentielles partout. Les gens préparent les fêtes, les magasins sont bondés. Les centres commerciaux ne désemplissent pas. Nous habitons une petite ville mais proche d'une plus grande ville avec un célèbre stade de foot récemment rénové. Une ville où s'est également installée l'annexe d'un grand musée parisien il y a quelques années. Je ne veux pas être parano mais je ne peux pas ne pas y penser. Je ne peux pas fermer les yeux et c'est d'ailleurs de nuit que je vous écris.

    Je ne me sens pas légitime de ressentir ce genre de choses car j'ai eu la chance de ne perdre aucun proche. Nous avons été préservés mais je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces familles brisées. Et la pensée de pouvoir vous perdre un jour me hante.

    J'ai peur de partir et de ne plus jamais rentrer pour prendre soin de vous. J'ai peur que votre père parte au travail sans avoir l'occasion de revenir. Mais plus que tout, j'ai peur de recevoir un appel m'annonçant qu'il vous est arrivé quelque chose. Comment pourrais-je continuer à vivre après ça ?

    Je m'excuse platement auprès des familles qui ont vécu ce drame et qui doivent me trouver fort égoïste mais je ne parviens pas à faire taire cette angoisse. 

    Vous savez bien que je suis de nature angoissée et que vous perdre a toujours été une grande terreur pour moi, comme pour tous les parents évidemment. Mais là ça s'est accentué au point que je pars travailler les larmes aux yeux, que je descends du train au bord de la crise d'angoisse jusqu'au moment de vous retrouver.

    Ces 10 dernières années, votre père et moi n'avons eu de cesse de nous battre pour construire la vie que nous avons aujourd'hui. Pour vous avoir, pour vous offrir LA maison, pour que vous ne manquiez de rien. Et maintenant que tout est en place, que tout roule, nous allons peut-être devoir nous battre pour vous garder en sécurité, sécurité qui n'existe plus nulle part ! 

    Je perds pieds et je perds foi depuis ces derniers jours. Mais vous me connaissez, quand vous lirez cette lettre, peu importe dans quelles circonstances cela arrivera, vous saurez que votre mère avait besoin d'écrire afin de d'évacuer et de rebondir. Car poser ces mots me fait du bien. 

    Je ne vous parle de rien aujourd'hui car vous êtes tous si petits. Je sais que tu es capable de comprendre l'essentiel Big Brother, je n'ai aucun doute là dessus. Et c'est justement pour ça que je souhaite d'autant plus te préserver. Tu n'as que 3 ans et personne n'a le droit de te voler ton enfance et ton innocence, encore moins ces barbares. Tant que je pourrais vous préserver, je le ferai. C'est quelque chose que ces monstres n'auront pas. 

    Je ne souhaite pas vous mettre dans un cocon. Je vous ai toujours parlé de tout mais pas ça, pas maintenant. Je veux continuer à vous voir vous endormir dans des endroits incongrus, à croire au Père Noël, à vous battre pour un jouet, à danser dès que vous entendez la moindre note de musique, à vous émerveiller du moindre détail qui vous attire. Et je vais vous avouer une chose, c'est ça ma drogue, mon essence, c'est ça la vie tout simplement !

    C'est vous qui avez tout compris et c'est vous qui serez les hommes de demain, vous que j'essaye d'élever dans la tolérance et la bonté, vous qui me donnez l'espoir et la force, vous qui je l'espère ne jugerez personne sur sa couleur de peau, ses orientations religieuses ou sexuelles.

    Je tenais à vous écrire pour apaiser mon cœur et vous laisser une trace de ce moment historique car le devoir de mémoire est primordial. Indirectement vous avez vécu ce drame et vous devez savoir ce qu'il s'est réellement passé. C'est pourquoi, j'ajoute une édition du journal Le Monde du 14/11/2015 dans votre boîte à souvenirs, tout en espérant pouvoir un jour mettre celle qui annonce la fin de cette folie.

     

    Mes amours, ma vie, mon futur

    Source Photo (coloring by me)

     


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  • J'ai toujours l'impression de te délaisser au profit de Big Brother ou Babyglu qui sont plus en demande que toi.

    Je culpabilise à chaque fois que tu pleures et que je dois te faire attendre car je suis déjà prise.

    Je culpabilise chaque fois que Babyglu te réveille la nuit et que, tentant désespérément de le calmer, je dois te demander d'attendre ou appeler ton père pour qu'il te prépare ton biberon.

    Je culpabilise chaque fois que je repose Babyglu dans son lit après avoir lutté pour le rendormir et que je ressors de votre chambre, usée et te laissant attendre, mais en sachant que papa arrive avec ton biberon.

    Je culpabilise chaque fois que j'ose m'énerver contre toi qui proteste si rarement (mais aussi si énergiquement !!) car ma patience a déjà été usée par Big Brother en pleine crise d'opposition et Babyglu en mode vampire.

    Tu sembles avoir moins de besoins ou plutôt moins d'urgences et tu ne sembles pas malheureux bien au contraire. Tu quittes rarement ton sourire si radieux et d'ailleurs la plupart des gens que l'on rencontre sont étonnés de te voir si amical avec eux. 

    Mais je me suis toujours dit que j'en ferai autant pour l'un que pour l'autre et dans le fond, je sais que ça n'est pas possible mais ça reste dur à accepter. 

    Vous êtes 3 enfants différents avec des besoins différents et je fais le maximum pour répondre à tous. Mais tu demandes moins et le déséquilibre est là. Je pense qu'il n'est que pour moi finalement. C'est peut-être moi qui n'accepte pas que tu aies moins besoin de moi que tes frères. Et pourtant Dieu sait que je me sens souvent accaparée par toutes vos demandes ! C'est probablement l'esprit de contradiction des mères qui veut ça ou alors celui des gémeaux qui sait ? Peu importe de toute façon, ce que je veux que tu saches c'est que je t'aime du plus profond de mon âme. Tu es ma merveille, mon bébé sourire et j'aime tous ces petits moments de câlins et de jeux rien que tous les deux. Ces moments qui me donnent l'impression de rattraper ce temps qui défile si vite et qui me manque cruellement. Ce temps qui semble souvent m'échapper, d'autant plus avec toi qui aime rester paisiblement dans ton coin. 

    Tu es calme, serein et tu peux rester un moment à jouer sans avoir besoin de qui ou quoi que ce soit. Et tant qu'on ne te dérange pas, tu gardes cette sérénité et cette joie de vivre.

    J'ai parfois l'impression que tu savoures d'autant plus la vie qu'elle a commencé douloureusement à cause de ce maudit reflux qui te faisait souffrir et t'empêchait de prendre du poids. Ce maudit reflux qui creusait tes côtes, tes joues mais aussi tes tempes. Et pourtant, je n'oublierai jamais que même dans ces moments de souffrance, entre deux crises, tu souriais. Tu affrontais, et tu affrontes toujours d'ailleurs, la douleur avec bien plus de courage et de force que certains adultes.

    Je suis si fière d'être ta maman et celle de tes frères et je veux que jamais tu n'oublies ça. Te le dire ne sera peut-être pas suffisant c'est pourquoi je te l'écris et te l'écrirai encore, je t'aime mon fils, ma vie.

    Mon bébé bonheur


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  • J'ai toujours su que ta naissance avait été difficile. Pas pour moi car mon accouchement s'est très bien passé mais pour toi. Tu était en siège et ça n'était pas anodin, tu n'étais pas prêt à naître. C'était d'autant plus flagrant que vous étiez deux et que Babycool, qui est né tête en bas était bien plus serein que toi.

    J'ai donc souhaité t'aider à surmonter ça et je cherchais constamment des remèdes ou solutions miracles. Nous avons rencontré ensemble un homéopathe qui t'a prescrit un traitement qui s'est rapidement avéré inefficace puisque qu'il ne faisait qu'apaiser tes symptômes sans soigner la cause de tout ça. Nous avons également été chez l'ostéopathe qui a été très surprise de rencontrer un bébé si angoissé à même pas 2 mois.

    J'ai ensuite testé des sirops homéopathiques puis des fleurs de Bach mais là non plus rien n'était efficace. J'étais à court d'idées, et malheureusement de patience, au bout d'un peu plus d'un an sans nuit complète. 

    J'ai toujours renoncé à te laisser pleurer car je sais que tes pleurs, comme tous les pleurs de bébé, ne sont pas anodins et expriment un besoin. 

    Aujourd'hui, nous sommes allé chez le psychologue pour Big Brother et j'en ai profité pour parler de toi. Je voulais juste savoir si ces nuits hachées pouvaient être un signe de précocité. Big Brother a mis très longtemps à faire ses nuits car il était également angoissé (et l'est toujours d'ailleurs !). C'est peut-être une pensée ridicule mais j'avais besoin de comprendre, de chercher une solution ailleurs puisque jusqu'à présent aucune ne s'est montrée efficace. Je pense avoir aussi été influencée par le fait qu'il vous avait trouvé Babycool et toi très éveillés pour votre âge. Et comme tout le monde, à chaque visite, il a été surpris par ton regard si sérieux. A tel point qu'il nous a même dit que si on te mettait sur YouTube tu ferais un carton !!

    Le psychologue m'a expliqué qu'il est impossible de faire le rapprochement entre des problèmes de sommeil et la précocité mais qu'un bébé qui pleure, "ça n'est pas normal". 

    Et sans que je ne lui parle de ta naissance, il m'a donné un conseil qui pouvait, d'après lui, paraître ridicule mais qui a été pour moi un grand soulagement. Il y avait encore quelque chose à essayer !

    Il m'a expliqué que, quand aucune solution ne semble efficace, il faut remonter à la source, à la naissance, qu'il fallait la revivre afin d'essayer de comprendre et améliorer ce qui n'allait pas. Et pour cela, il m'a conseillé de t'emmener dans une piscine chauffée ! Effectivement au premier abord ça peut paraître étrange mais quoi de plus proche que le liquide amniotique qu'une baignade dans les bras de sa maman dans une piscine chauffée ?

    Je ne sais pas encore si c'est efficace mais ça vaut le coup d'être essayé. D'autant plus que ça rejoint ma toute première idée ; de ta naissance découlent tes troubles du sommeil.

    Tu ne peux pas t'imaginer à quel point je me sens soulagée et heureuse de voir qu'un spécialiste est du même avis que moi et qu'il m'apporte une solution nouvelle.

    D'entendre que j'ai eu raison de ne pas te laisser pleurer (ni tes frères d'ailleurs) et que tu as besoin d'être rassuré. Je le savais, je savais tout ça, mais à force je perdais confiance, patience et foi en mon ressenti.

    Toi et moi nous allons donc nous retrouver dès demain, tous les deux dans le grand bain, afin de revivre ensemble cette naissance si traumatisante. Et je te promets d'écouter tes silences, tous ces mots / maux que tu ne peux pas encore me dire, et qui ont pourtant besoin de sortir, pour que tu puisses trouver une certaine sérénité. 

    Je t'aime ma bouboule d'amour.

    Le soulagement

     


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