• Ses angoisses sont les miennes

    J'en ai déjà parlé plusieurs fois, aller à l'école est quelque chose d'assez difficile pour Big Brother.

    Lors de sa première rentrée il a pleuré pendant trois semaines matins et soirs quand on l'y déposé et quand le personnel de la garderie venait le chercher dans sa classe.

    Au bout de trois interminables et angoissantes semaines, les choses se sont calmées. Puis il y a eu les premières vacances scolaires durant lesquelles il est retourné chez sa nounou.

    Le retour à l'école n'en fut que plus difficile et il s'est remis à pleurer durant une dizaine de jours. Et rebelote lors des vacances suivantes.

    À tel point que le personnel de la garderie redoutait autant que nous le retour des vacances. L'un d'eux s'est même pris un coup de poing par Big Brother un matin ! Il était dans une colère folle de voir son père partir. Évidemment dès que nous l'avons su nous en avons discuté avec lui afin de lui expliquer que ce comportement (frapper) était inacceptable.

    Pour sa deuxième rentrée scolaire j'étais très angoissée. Je redoutais de le voir se mettre à pleurer de nouveau. Mais Big Brother m'a surprise en entrant dans sa classe comme un grand et en me disant "Ça va aller Maman, tu me protégeras toujours." 

    Je n'avais pas réussi à retenir mes larmes et c'est lui qui m'avait réconfortée !!

    Pendant quelques temps les journées se sont relativement bien passées. Il y a bien évidemment eu des journées avec des "incidents" mais comme pour tous les enfants je pense (cracher sur un copain pour imiter les autres, tenir tête à la maîtresse, se bagarrer...).

    Rien en rapport avec le fait de ne pas avoir envie d'aller à l'école finalement.

    Évidemment, depuis la rentrée nous avons souvent entendu "Je ne veux pas aller à l'école, c'est nul, je m'ennuie, ça ne sert à rien." 

    J'ai souvent apostrophé son institutrice afin de savoir comment les choses se déroulaient et apparemment tout se passe bien.

    La directrice m'a expliqué qu'en début d'année Big Brother refusait de participer à ce qui ne lui plaisait pas. Le connaissant, elle l'a laissé faire autre chose (bouder en général !) pendant ce temps jusqu'à ce qu'il soit intéressé par une des activités. Il s'est alors rendu compte que n'ayant pas fait les précédentes, il était incapable de faire celle-ci puisque, à l'école, on travaille par étape. Et depuis il participe à tout de bon cœur.

    D'ailleurs son institutrice l'a très bien cernée puisqu'elle le félicite régulièrement. Elle a bien vu qu'il est très critique envers lui même et a un grand besoin d'être rassuré.

    Mais depuis quelques semaines les choses se dégradent.

    Les enfants sont notés sur leur comportement dans l'école. Si tout va bien ils sont dans le vert, un incident dans le orange et si il y a "récidive" ils passent dans le rouge.

    Big Brother a eu une période durant laquelle chaque semaine il avait au moins une journée dans le orange et une fois il s'est trouvé dans le rouge.

    J'avais demandé à la maîtresse de me préciser de qu'il avait fait dans son cahier afin d'en rediscuter avec lui (et aussi afin de vérifier si c'était légitime). Dad en Vrac et moi avons donc toujours pu faire le point avec lui.

    Depuis les dernières vacances, Big Brother est dans le "vert" tous les jours mais il nous dit parfois qu'il est dans le "orange" ou le "rouge". Et quand on lui demande ce qu'il a fait il nous répond "Je suis vilain !". Et à chaque fois qu'on récupère son cahier on voit bien qu'il est resté dans le "vert" toute la semaine.

    Il n'y a donc aucun problème de comportement à l'école.

    En revanche, une fois rentré à la maison, et parfois même dès la sortie de la garderie, il devient très irritable et pleure à chaque contrariété. Il nous répond, se rebelle, et souvent en nous disant "De toute façon je suis vilain !"

    J'ai vraiment l'impression qu'il se maintient tellement à l'école qu'une fois à la maison, il relâche la pression et il semble y en avoir énormément !

    J'essaie toujours de modérer mes propos quand je le rouspète, quitte à aller le voir ensuite pour discuter plus au calme si mes paroles ont dépassé ma pensée. 

    Je vous avoue qu'après le réveil à 5h30, la journée de travail et la soirée dans les cris des trois gaillards, ma patience me quitte facilement !

    Dad en Vrac est un peu moins modéré dans ses propos et j'essaie de lui rappeler régulièrement que les critiques du style "Tu ne sais pas obéir, tu ne sais pas ranger." ne font qu'entraver sa confiance. Mais je ne suis pas une sainte, je déroge également parfois à cette règle malheureusement.

    Alors est-ce que c'est à cause de nous qui lui en demandons trop qu'il se met la pression pour réussir à bien se comporter à l'école ? Ou est-ce là bas qu'on le réprimande trop ? Je ne saurais pas vraiment dire.

    Toujours est-il que depuis la semaine dernière l'école a renforcé le plan vigipirate et c'est la dégringolade pour Big Brother. Nous n'avons plus le droit de d'entrer dans l'école ni pour le déposer ni pour le récupérer. 

    Et depuis, chaque soir il pleure pour des raisons qui nous semblent absurdes en tant qu'adulte : être mouillé par la pluie, ne pas réussir à enlever son pantalon, refuser de se mettre en pyjama...

    Alors bien évidemment je sais que pour lui cela n'a rien d'absurde et ça cache un autre problème mais lequel exactement ?

    Il n'aime pas aller à l'école car il a une forte angoisse de la séparation mais n'y-a-t-il rien d'autre ? Et surtout comment l'aider ?

     Nous le rassurons en lui expliquant que pendant qu'il est à l'école papa et maman sont au travail et que nous non plus n'avons pas tout le temps envie d'y aller et que nous préférerions rester à la maison avec ses frères et lui.

    Et nous en sommes venus plusieurs fois à lui expliquer que l'école est obligatoire (à son âge c'est faux mais bon on fait avec le moyens du bord !!), que plus on avance dans les classes et plus ce qu'on y apprend est intéressant. Que plus tard il pourra même choisir les études qui l'intéressent et que grâce à ça il pourra faire un travail qui lui plaît et avoir une belle maison.

    Il a bien tout assimilé. D'ailleurs il nous dit parfois "Je veux pas aller à l'école mais c'est obligatoire pour avoir une maison et ce qu'on veut."

    Je ne sais pas si c'est une bonne méthode ou si ça fait pire que mieux car ça nourrit peut-être ses angoisses. Le psy nous avait expliqué qu'il risquait d'avoir très tôt des angoisses d'adulte. Donc n'y avons-nous pas participé en lui expliquant tout ça ? Est-ce que ça ne lui met pas encore plus de pression concernant l'école ?

    J'ai parfois l'impression que Big Brother est un adulte piégé dans un corps d'enfants et avec des réactions d'enfant. Il comprend très bien les choses mais il a le niveau émotionnel d'un enfant !

    C'est à dire que quand son père lui a expliqué ce qu'était un sans abris il s'est mis à pleurer et à refuser de quitter la maison par peur qu'on nous la vole ou qu'elle prenne feu et qu'on se retrouve à la rue !

    C'est assez difficile de savoir comment s'adresser à lui. Nous essayons toujours de lui expliquer les choses à son niveau et avec des mots simples. Par souci de transparence et aussi car nous savons qu'il les comprend.

    Mais n'est-ce pas un tort ? Ne lui volons-nous pas une partie de son enfance en faisant ça ? Ne profitons-nous pas de sa précocité à notre avantage ?

    Et là alors que je voulais juste écrire un article sur la phobie scolaire, je m'aperçois que je suis complètement paumée concernant mon fils ! 

    Ça me déchire le cœur de le voir se rendre malade pour l'école et en même temps je me sens tellement impuissante que ça m'énerve et du coup je m'énerve sur lui ! Ce stupide cercle vicieux !

    Car que puis-je réellement faire pour l'aider ? Le déscolariser ne me semble pas être une solution. Nous ne pouvons pas nous arrêter de travailler pour pratiquer l'IEF et quand bien même, aucun de nous deux n'a la pédagogie pour le faire ! Il faut bien le reconnaître.

    Le changer d'école ne changerait rien puisque j'ai vraiment l'impression que le personnel l'a bien cerné et est vraiment gentil et attentionné avec lui.

    Nous avons tous le même porte-clé Baymax qui dit "I love you" pour qu'il n'oublie jamais qu'on l'aime et pour qu'on soit tous liés même quand on est séparés.

    Je ne sais pas quoi faire de plus. Je lui rappelle régulièrement qu'il peut tout me dire, qu'on peut discuter de tout mais aussi qu'il a le droit de garder certaines choses pour lui si il le souhaite.

    Peut-être que je devrais mettre en place une boîte à décharge pour qu'il y dépose tout ce qu'il a accumulé dans sa journée d'école et rentre un peu plus léger à la maison.

    Ou peut-être devrais-je prendre de nouveau rdv avec le psy afin qu'il nous oriente sur la meilleure manière d'aider notre fils.

    J'en suis au point où je ne sais même pas si je suis angoissée parce que Big Brother est angoissé ou si je suis d'une nature tellement angoissée que ça se répercute sur lui.

    Dans le fond c'est peut-être moi qui aurait bien besoin d'un psy !

    Ses angoisses sont les miennes

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