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    Mes collègues et moi n'avons pas la même notion de l'éducation, ce que je conçois tout à fait et que je respecte. Malheureusement ça n'est pas réciproque.

    Quand je parle d'éviter le coin et les coups et d'écouter les besoins de mes enfants, je passe pour un OVNI. Ça m'arrive d'ailleurs également en dehors du travail.

    Mais hier encore j'ai été témoin de la violence ordinaire. Celle qui me fait quitter la pièce pour éviter de sortir de mes gonds.

    Pour certaines il est inconcevable de frapper sur un animal pour l'éduquer mais pas sur un enfant ! 

    "Quand ils ne comprennent pas ça ne leur fait pas de mal". 

    C'est bien connu, les coups ça aide à faire rentrer les règles et ça apprend le respect !

    Dans le même style, un collègue m'a déjà affirmé que quand il punit son fils, si il ne pleure pas c'est qu'il n'a pas compris. 

    Donc les larmes aussi ça favorise l'apprentissage apparemment.

    C'est ce même collègue qui a laissé son fils seul dans la maison, le temps d'aller retirer de l'argent, pour le punir d'avoir refusé de se préparer. Et qui a bien ri en le retrouvant angoissé à son retour.

    La peur est donc également une excellente méthode d'éducation !

    Je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils sont tous profondément choqués par les enfants que l'on voit dans Super Nanny et que "si ça avait été les [leurs], ils se seraient pris une claque depuis longtemps !"

    Je ne suis pas fan de l'émission et ne cherche ni à la défendre ni à la descendre. 

    Ce qui me met hors de moi c'est d'entendre chaque jour que la solution c'est les coups.

    Comment peut-on être persuadé que frapper un enfant est pédagogique ? 

    Comment peut-on ne pas se rendre compte qu'un coup a un impact psychologique ? Que ça n'est pas qu'un coup mais que ça blesse également l'estime de l'enfant. Non seulement la sienne mais aussi celle qu'il a de ses parents.

    Comment peut-on ne pas réaliser que ce type d'éducation est destructeur ?

    Et je ne parle pas là d'une fessée donnée sur un coup de colère quand on est à bout de patience. Je parle des coups qui sont réfléchis, qui sont "éducatifs" et qui  n'occasionnent aucune remise en question de la part du parent.

    Je ne suis pas une maman parfaite et je ne veux condamner personne mais il me semble que l'écoute de l'enfant est essentielle.

    Et écouter les besoins de l'enfant ce n'est pas en faire un enfant roi mais un enfant respecté et respectueux.

    La violence ordinaire

    Crédit photo La Louverie / MuneenArt 

     


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  • Ça fait plusieurs mois que P. est inscrit à l'école pour sa première rentrée. On lui en parle régulièrement pour le préparer, on lui explique ce qu'il va y faire, que la maîtresse va prendre notre relais et qu'il se fera plein de copains.

    L'inscription a été une étape qui m'a bien fait comprendre que mon bébé n'en était plus un mais c'était en janvier et j'avais encore de longs mois devant moi avant de devoir l'y conduire. Je pouvais encore en profiter et passer mes journées avec ses frères et lui quand je ne travaillais pas. Mon mari et moi étions encore quasiment les seuls à lui apprendre de nouvelles choses.

    Oui mais voilà, aujourd'hui j'ai réalisé que ces longs mois se sont déjà transformés en quelques petits jours, 9 petits jours pour être exacte...  Autant dire que c'est demain !! Mais attendez, je ne suis pas prête moi !

    Les étiquettes ne sont pas collées sur les vêtements, je n'ai pas encore choisi sa tenue pour le grand jour et surtout, surtout, je ne suis pas prête à le laisser à des inconnus. 

    Bien sûr, il a été chez une nounou dès ses 7 mois mais elle m'envoyait des messages tout au long de la journée et je savais ce qu'il faisait, ce qu'il avait mangé et qu'il ne risquait rien. Elle avait (et à toujours puisqu'elle garde encore J. et S.) les mêmes valeurs que moi et, cerise sur le gâteau, elle le considérait comme son petit-fils. Je partais donc travailler l'esprit tranquille en sachant que mon bébé, ma vie, était entre de bonnes mains.

    Alors que là, je ne sais rien de son institutrice ni des ATSEM ou de la directrice. Je ne sais pas comment elle réagiront quand il refusera de manger, si il restera le ventre vide jusqu'au goûter ou si elles trouveront un moyen de lui faire avaler quelque chose. 

    Je ne sais pas si elles seront à l'écoute de ses besoins et de ses émotions ou si elles le laisseront pleurer dans un coin.

    Je ne sais tout simplement pas si il y sera bien ! Et je n'ai aucun moyen de le savoir avant la fin de ces 9 jours qui seront à la fois si courts et si longs car terriblement angoissants. 

    L'école est jolie, bien équipée (j'ai également repéré plusieurs activités Montessori), l'institutrice a l'air douce et ferme à la fois. La cantine est au sein de l'établissement et tout est préparé sur place. La garderie se situe également dans l'école, je sais que je le déposerai et le récupérerai au même endroit sans qu'il n'ait jamais eu à sortir... sans moi.

    Je sais bien que l'école est une étape indispensable et enrichissante mais l'angoisse est là, insidieuse. Elle s'est installée discrètement pour surgir aujourd'hui et tenter de me gâcher ces 9 derniers jours...

    Je ne la montre pas, je me dois de rassurer P. et de ne pas lui faire sentir que j'ai peur. Peur de le laisser, peur qu'il se blesse, qu'il ne mange pas à sa faim, qu'on ne le respecte pas, qu'on l'ignore, qu'on le catalogue, qu'on le délaisse. Peur tout simplement...

    Je suis à la fois si fière et si angoissée. Si fière de voir tout ce qu'il a accompli ces dernières années et angoissée à l'idée de le voir m'échapper. Le terme est peut-être fort mais il ne dépendra plus que de moi. Je dois confier l'un des êtres que j'aime le plus au monde à des personnes dont j'ignore tout du fonctionnement, et ça pour une folle du contrôle comme moi c'est une épreuve.

    Alors je me rassure en pensant aux rencontres que sa sociabilité va lui permettre de faire, aux nouvelles choses qu'il va apprendre et me raconter le soir et  à ces week-ends que l'on passera ensemble encore plus désireux de profiter les uns des autres.

    L'école de P. pratique la rentrée progressive pour ne pas brusquer les enfants, leur laisser le temps de s'habituer à cette nouvelle étape. Mais dans le fond, ne serait-ce pas aussi pour rassurer les parents ?

    La première rentrée

     

     

     


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