• Je ne suis pas méchante mais je pourrais le devenir et je préfère l'écrire plutôt que vous le dire. 

    Je me confie à vous, je cherche des réponses et du soutien. Je bataille pour trouver ce qui ne va pas chez mon fils et vous m'assommez de vos conseils de super parents qui n'écoutent pas leurs enfants.

    Je ne prétends pas avoir choisi le mode d'éducation parfait. Je ne prétends pas que mes méthodes sont meilleures que les vôtres. Et j'en attend tout autant de votre part.

    Mais non, c'est apparemment trop demander. Pour vous être à l'écoute des besoins de ses enfants c'est se faire dévorer, dominer. Car derrière vos non-dits j'entends parfaitement le "C'est un capricieux qui veut juste dormir avec vous et faire la loi." 

    Derrière vos "Il n'a rien mais il sait ce qu'il veut" , vous êtes persuadés qu'il me manipule et moi je sais qu'il a quelque chose. La différence entre nous ? JE suis sa mère, JE passe mes nuits avec et JE suis à son écoute.

    Je vois bien vos sourires moqueurs ou vos regards effarés quand je prends le temps de m'expliquer avec mes enfants, de chercher à comprendre ce qui ne va pas ou même tout simplement quand je réponds à leurs questions sur des sujets qui ne sont pas de leur âge.

    D'ailleurs mon regard l'est tout autant quand je vous entends dénigrer ou cataloguer vos enfants.  Leur demander de se taire quand ils veulent juste comprendre quelque chose ou les laisser en proie à leur peine que vous estimez n'être qu'un caprice.

    Sauf que je ne me pose pas ce regard sur vous car qui suis-je pour vous juger ? Comment pourrais-je prétendre que ma méthode est meilleure que la votre ? Elle me convient mieux et la votre ne me correspond pas mais cela ne me donne aucun droit de m'immiscer dans votre vie pour vous dire comment faire. 

    Il en va de même pour vous !

    Je ne vous demande pas de conseils, juste du soutien quand j'en ai vraiment besoin. Je ne m'épanche pas quotidiennement, je ne cherche pas à me faire plaindre et encore moins critiquer. 

    Si j'accepte que mon fils me rejoigne la nuit dans mon lit c'est que j'estime qu'il en a besoin.

    Si je continue de donner un biberon la nuit à son frère, c'est également que j'estime qu'il en a besoin.

    Mais à vous écouter je me fais "manger", je leur donne de mauvaises habitudes et il faut que je les "dresse" afin qu'ils ne viennent plus perturber mon sommeil.

    Ce à quoi j'ai toujours envie de vous répondre "C'est toi qui est réveillé la nuit ? C'est toi qui dors mal ? Non, donc je ne vois pas en quoi ça te pose problème." 

    Malheureusement, ou heureusement peut-être, je ne suis pas comme vous et j'ai ce qui s'appelle de la retenue. Donc je laisse couler, sachant pertinemment que vos paroles n'auront aucun effet sur mes choix.

    Et quand je vois mes enfants épanouis, quand je constate que j'arrive à désamorcer une crise par le pouvoir d'un câlin, quand je remarque que les cris et les punitions ne font qu'amplifier les conflits au lieu de les apaiser, je suis fière de mes choix.

    Ils ne sont pas toujours faciles à appliquer, les réflexes primaires étant difficiles à annihiler, mais je lutte de toutes mes forces pour y parvenir, avançant pas à pas et réfléchissant sur mes échecs plutôt que de baisser les bras.

    Alors non, vos enfants ou vous-même n'êtes pas morts d'avoir reçu des fessées, d'avoir pleuré des heures pour "apprendre à dormir" ou d'avoir appris à marcher dans un yoopala. 

    Mais cela signifie-t-il pour autant que ce que vous avez connu est la seule méthode existante et reconnue comme efficace ? Cela vous donne-y-il le droit de juger et toiser les parents qui font différemment ? 

    Faites comme bon vous semble, faites ce qui vous semble le mieux pour vous, pour vos enfants.

    Mais par pitié épargnez-moi vos conseils et vos remarques !

    A ceux qui connaissent mes enfants mieux que moi

    Crédit photo It's a Mum's Life


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  • "Encore un caprice ?!"

     

    Crédit Photo

    Depuis que je suis maman je suis beaucoup de pages Facebook sur la parentalité et plus je lis d'articles et / ou de commentaires sur les caprices et plus j'ai l'impression que dès qu'on ne comprend pas les besoins d'un enfant, on classe ça en "catégorie caprice". 

    Mais est-ce vraiment le cas pour autant ? Personnellement je trouve ça un peu trop expéditif.

    C'est comme si on voyait un collègue ou un ami se mettre à pleurer sans qu'on en connaisse la raison et qu'on se disait qu'il fait un caprice. 

    Non, quand c'est un adulte, on va vers lui et on lui demande ce qu'il se passe. Alors pourquoi ne pas en faire autant avec un enfant ? 

    Évidemment c'est plus compliqué parce qu'un enfant ne sait pas toujours exprimer clairement ses émotions. Ou parce que ses réactions nous semblent démesurées ou inacceptables.

    Pleurer à chaudes larmes parce qu'on a eu un yaourt à la fraise alors qu'on en voulait un à la vanille ou parce qu'on a manqué le dernier épisode de Masha et Michka à la TV peut nous sembler excessif à nous, adultes habitués de la frustration. Mais pour un enfant submergé par ses émotions, c'est une peine équivalente à celle de la perte d'un emploi ou d'une peine de cœur. 

    Il ne faut pas oublier qu'un enfant n'a pas les mêmes centres d'intérêt ni les mêmes priorités que nous. Et heureusement ! 

    J'ai souvent entendu "Je ne céderai pas, il doit apprendre à être un adulte." Ok mais ne doit-il pas d'abord apprendre à être un enfant ? Il aura bien assez le temps de se tracasser une fois adulte. 

    J'ai peut-être une vision utopique mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un enfant épanoui sera un adulte épanoui. Qu'un enfant écouté sera un enfant et un adulte à l'écoute. 

    Et quand je dis "écouter" ce n'est pas comme beaucoup l'entendent "céder" à tout, mais juste écouter les besoins et faire en sorte de les assouvir ou au moins de l'aider à gérer les émotions qui vont avec.

    Je déplore d'ailleurs souvent d'avoir le regard biaisé par ma condition d'adulte. Je n'arrive pas à garder constamment le recul nécessaire à la compréhension de mes enfants. 

    Je fais de mon mieux mais j'ai encore beaucoup de travail pour m'élever à leur niveau et ne pas oublier qu'ils ne sont QUE des enfants et que c'est à moi de les aider à gérer leurs émotions qu'elles soient positives ou non.

    On s'émerveille toujours du moindre apprentissage de nos enfants, les premiers pas, les premiers mots, les premières dents... Mais finalement les émotions ne font-elles pas également partie de cet apprentissage ? Ne devrions-nous pas nous émerveiller, d'une autre manière peut-être, de voir que nos enfants se mettent en colère face à un sentiment d'injustice ? Qu'ils ont peur face à l'abandon ? Qu'ils s'énervent quand on ne respecte pas leurs choix ?

    C'est usant car on ne peut pas céder à tout évidemment mais c'est aussi une preuve qu'ils comprennent les choses et qu'ils se développent parfaitement bien.

    La frustration fait aussi partie de l'apprentissage évidemment mais elle peut être accompagnée et expliquée afin d'apprendre à la gérer plus facilement.

    Quand je vois certains adultes qui gèrent mal la frustration et mêmes d'autres émotions, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il vaut mieux commencer à aider les enfants dès leur plus jeune âge et à éviter de cataloguer leurs émotions comme des caprices trop rapidement.


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  • Mercredi nous sommes allés revoir le psychologue pour Big Brother et depuis je suis un peu sonnée.

    En premier lieu, je tiens à préciser que je n'emmène pas mon fils chez le psy parce que c'est une mode ou parce que je lui invente des problèmes. Et encore moins parce que j'ai la prétention de croire qu'il est meilleur qu'un autre.

    La première fois que j'ai pris rdv c'était pour régler un problème de constipation chronique (c'est glamour pas vrai ?!). Big Brother se retenait en permanence au point de  se plier de douleur tellement il avait mal et une petite voix m'a conseillée de rencontrer un psychologue car c'est un problème assez courant chez les enfants précoces.

    "Précoce", ce mot que je n'aime pas du tout, le trouvant si prétentieux, et pourtant ce mot que j'ai si souvent entendu associé à Big Brother.  Je l'utilise moi-même rarement et uniquement depuis qu'il a été posé par un spécialiste. Et je ne l'aime toujours pas pour autant !

    C'est vrai, je trouve que ce mot est utilisé trop facilement, à tort et à travers, et souvent quand on compare des enfants entre eux, chose que je déteste.

    Un enfant n'est pas l'autre et le fait qu'un tel fasse quelque chose qu'un autre ne fait pas encore ne signifie pas qu'il est précoce, juste qu'ils n'apprennent pas les mêmes choses au même moment. 

    Concrètement, ce que je n'aime pas dans le terme "précoce" c'est qu'il est souvent utilisé au détriment d'autres enfants. Par exemple j'ai déjà entendu : "Regardez ce qu'il sait déjà faire, c'est pas comme lui..." en montrant un autre enfant d'un air un peu désespéré. 

    Évidemment tout le monde ne fait pas l'amalgame et je sais pertinemment qu'un enfant qui n'est pas qualifié de précoce n'est pas en retard pour autant mais j'ai parfois l'impression que certains l'oublient. Et ça induit une forme de concurrence que je n'aime pas du tout. 

    Mais revenons en à nos moutons, ou plutôt à Big Brother...

    L'année dernière le psychologue nous avait dit qu'il avait estimé l'âge d'apprentissage de Big Brother à 4 ans et demi, soit 2 ans d'avance à l'époque. Ce qui est déjà énorme pour un enfant si jeune et ça m'avait déjà quelque peu assommée à l'époque. D'autant plus que son âge émotionnel est, lui, assez proche de son âge réel.

    Je trouve ça assez effrayant. Mon tout petit est finalement confronté à des choses qui ne sont pas de son âge. Il apprend vite et facilement, il évolue à une vitesse exceptionnelle et c'est une grande fierté mais c'est aussi une terrible angoisse.

    Le psychologue et le pédiatre nous avaient prévenus, et nous nous en sommes vite aperçus également, l'école classique n'est pas adaptée aux "très bons" ni aux "très mauvais". 

    Le programme est prévu pour un élève lambda (ça n'a rien de péjoratif !) qui apprend au rythme de l'école et qui n'est ni en retard ni en avance.

    Évidemment je fais une généralité et je sais bien que certains instits s'adaptent à leurs élèves. Big Brother a d'ailleurs eu la chance d'avoir une institutrice comme ça. 

    Quand elle voyait qu'il refusait de faire quelque chose ou qu'il s'ennuyait pendant une activité de groupe, elle lui proposait autre chose quand elle le pouvait. Évidemment ce n'était pas toujours possible puisqu'elle avait des critères précis à évaluer. Mais elle s'est adaptée à lui autant que possible et elle a fini par parvenir à lui faire faire ce qu'il devait faire quand il le devait. 

    Et je la remercie infiniment pour ça car en début d'année, elle m'avait dit qu'elle craignait de le mettre en échec scolaire car elle ne savait pas comment le prendre. Alors elle s'est adaptée à lui.

    Mais combien d'instits accepteront de faire ça ? Et est-ce vraiment lui rendre service ? N'est-ce pas retarder le moment où il sera confronté à la réalité des choses, le manque d'adaptabilité de ce monde, et donc rendre les choses encore plus difficiles pour lui ?

    Mais encore une fois, je me suis éloignée de ce que je souhaitais tellement aborder. Mercredi, nous avons retrouvé le psychologue quelque peu assommé par son entretien avec Big Brother. La première chose qu'il nous a dite est d'ailleurs : "Je me suis trompé, il a bien plus d'avance."

    Et comment ne pas être perturbée par cette annonce quand un psychologue, spécialiste de l'enfance, qui exerce depuis des années, semble lui même sonné par sa rencontre avec Big Brother ?! 

    J'ai peur pour mon fils car je vois bien qu'il est déjà confronté à des choses qui ne sont pas de son âge.

    Par exemple, mercredi soir je lui ai expliqué que je devais rencontrer quelqu'un le lendemain qui pourrait m'aider à changer de travail et que ça me faisait peur car ça me tient à cœur et je serais vraiment déçue de ne pas avoir le poste. Et il m'a répondu "Mais tu sais Maman, il faut y aller quand même. Même si on a pas envie, même si on a peur, il faut aller au travail parce que sinon on aura pas assez de sous pour payer la maison."

    Évidemment il ne fait que répéter des choses que nous lui avons expliquées quand il nous reproche de travailler tout le temps. Mais il a su me le dire au moment opportun, ce qui prouve bien qu'il compris la chose. J'ai d'ailleurs eu les larmes aux yeux en l'entendant me parler ainsi.

    J'étais à la fois émue d'être encouragée par mon fils de 3 ans et demi et bouleversée qu'il soit déjà confronté à ce genre d'angoisses et cette triste réalité de la vie.

    Je ne sais plus trop si je dois continuer de lui expliquer les choses simplement ("Papa et Maman travaillent pour qu'on ait une belle maison et que vous ne manquiez de rien.") ou si je dois l'épargner d'avantage. Il comprend déjà tellement de choses !

    Évidemment ça ne l'empêche pas d'être un enfant épanoui et plein de vie. Il joue et rit en permanence, il boude, il court, il tient tête, il invente des histoires, il vole des bonbons, il apprend, il vit tout simplement !

    Mais je ne peux m'empêcher d'être troublée par son avance. Et je ne pense pas être la seule puisque le psychologue lui a dit qu'il était ravi de le connaître et nous a demandé de bien vouloir passer par lui si nous souhaitions faire passer des tests de QI à Big Brother d'ici quelques années. Bien que le concernant, je pense plus qu'il s'agit d'une certaine curiosité professionnelle. 

    Mon texte est un peu brouillon mais j'avais besoin de poser ces mots pour m'apaiser un peu.

    Son angoissante précocité


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  •  

    Mes collègues et moi n'avons pas la même notion de l'éducation, ce que je conçois tout à fait et que je respecte. Malheureusement ça n'est pas réciproque.

    Quand je parle d'éviter le coin et les coups et d'écouter les besoins de mes enfants, je passe pour un OVNI. Ça m'arrive d'ailleurs également en dehors du travail.

    Mais hier encore j'ai été témoin de la violence ordinaire. Celle qui me fait quitter la pièce pour éviter de sortir de mes gonds.

    Pour certaines il est inconcevable de frapper sur un animal pour l'éduquer mais pas sur un enfant ! 

    "Quand ils ne comprennent pas ça ne leur fait pas de mal". 

    C'est bien connu, les coups ça aide à faire rentrer les règles et ça apprend le respect !

    Dans le même style, un collègue m'a déjà affirmé que quand il punit son fils, si il ne pleure pas c'est qu'il n'a pas compris. 

    Donc les larmes aussi ça favorise l'apprentissage apparemment.

    C'est ce même collègue qui a laissé son fils seul dans la maison, le temps d'aller retirer de l'argent, pour le punir d'avoir refusé de se préparer. Et qui a bien ri en le retrouvant angoissé à son retour.

    La peur est donc également une excellente méthode d'éducation !

    Je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils sont tous profondément choqués par les enfants que l'on voit dans Super Nanny et que "si ça avait été les [leurs], ils se seraient pris une claque depuis longtemps !"

    Je ne suis pas fan de l'émission et ne cherche ni à la défendre ni à la descendre. 

    Ce qui me met hors de moi c'est d'entendre chaque jour que la solution c'est les coups.

    Comment peut-on être persuadé que frapper un enfant est pédagogique ? 

    Comment peut-on ne pas se rendre compte qu'un coup a un impact psychologique ? Que ça n'est pas qu'un coup mais que ça blesse également l'estime de l'enfant. Non seulement la sienne mais aussi celle qu'il a de ses parents.

    Comment peut-on ne pas réaliser que ce type d'éducation est destructeur ?

    Et je ne parle pas là d'une fessée donnée sur un coup de colère quand on est à bout de patience. Je parle des coups qui sont réfléchis, qui sont "éducatifs" et qui  n'occasionnent aucune remise en question de la part du parent.

    Je ne suis pas une maman parfaite et je ne veux condamner personne mais il me semble que l'écoute de l'enfant est essentielle.

    Et écouter les besoins de l'enfant ce n'est pas en faire un enfant roi mais un enfant respecté et respectueux.

    La violence ordinaire

    Crédit photo La Louverie / MuneenArt 

     


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  • Ça fait plusieurs mois que P. est inscrit à l'école pour sa première rentrée. On lui en parle régulièrement pour le préparer, on lui explique ce qu'il va y faire, que la maîtresse va prendre notre relais et qu'il se fera plein de copains.

    L'inscription a été une étape qui m'a bien fait comprendre que mon bébé n'en était plus un mais c'était en janvier et j'avais encore de longs mois devant moi avant de devoir l'y conduire. Je pouvais encore en profiter et passer mes journées avec ses frères et lui quand je ne travaillais pas. Mon mari et moi étions encore quasiment les seuls à lui apprendre de nouvelles choses.

    Oui mais voilà, aujourd'hui j'ai réalisé que ces longs mois se sont déjà transformés en quelques petits jours, 9 petits jours pour être exacte...  Autant dire que c'est demain !! Mais attendez, je ne suis pas prête moi !

    Les étiquettes ne sont pas collées sur les vêtements, je n'ai pas encore choisi sa tenue pour le grand jour et surtout, surtout, je ne suis pas prête à le laisser à des inconnus. 

    Bien sûr, il a été chez une nounou dès ses 7 mois mais elle m'envoyait des messages tout au long de la journée et je savais ce qu'il faisait, ce qu'il avait mangé et qu'il ne risquait rien. Elle avait (et à toujours puisqu'elle garde encore J. et S.) les mêmes valeurs que moi et, cerise sur le gâteau, elle le considérait comme son petit-fils. Je partais donc travailler l'esprit tranquille en sachant que mon bébé, ma vie, était entre de bonnes mains.

    Alors que là, je ne sais rien de son institutrice ni des ATSEM ou de la directrice. Je ne sais pas comment elle réagiront quand il refusera de manger, si il restera le ventre vide jusqu'au goûter ou si elles trouveront un moyen de lui faire avaler quelque chose. 

    Je ne sais pas si elles seront à l'écoute de ses besoins et de ses émotions ou si elles le laisseront pleurer dans un coin.

    Je ne sais tout simplement pas si il y sera bien ! Et je n'ai aucun moyen de le savoir avant la fin de ces 9 jours qui seront à la fois si courts et si longs car terriblement angoissants. 

    L'école est jolie, bien équipée (j'ai également repéré plusieurs activités Montessori), l'institutrice a l'air douce et ferme à la fois. La cantine est au sein de l'établissement et tout est préparé sur place. La garderie se situe également dans l'école, je sais que je le déposerai et le récupérerai au même endroit sans qu'il n'ait jamais eu à sortir... sans moi.

    Je sais bien que l'école est une étape indispensable et enrichissante mais l'angoisse est là, insidieuse. Elle s'est installée discrètement pour surgir aujourd'hui et tenter de me gâcher ces 9 derniers jours...

    Je ne la montre pas, je me dois de rassurer P. et de ne pas lui faire sentir que j'ai peur. Peur de le laisser, peur qu'il se blesse, qu'il ne mange pas à sa faim, qu'on ne le respecte pas, qu'on l'ignore, qu'on le catalogue, qu'on le délaisse. Peur tout simplement...

    Je suis à la fois si fière et si angoissée. Si fière de voir tout ce qu'il a accompli ces dernières années et angoissée à l'idée de le voir m'échapper. Le terme est peut-être fort mais il ne dépendra plus que de moi. Je dois confier l'un des êtres que j'aime le plus au monde à des personnes dont j'ignore tout du fonctionnement, et ça pour une folle du contrôle comme moi c'est une épreuve.

    Alors je me rassure en pensant aux rencontres que sa sociabilité va lui permettre de faire, aux nouvelles choses qu'il va apprendre et me raconter le soir et  à ces week-ends que l'on passera ensemble encore plus désireux de profiter les uns des autres.

    L'école de P. pratique la rentrée progressive pour ne pas brusquer les enfants, leur laisser le temps de s'habituer à cette nouvelle étape. Mais dans le fond, ne serait-ce pas aussi pour rassurer les parents ?

    La première rentrée

     

     

     


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