• Lettre ouverte à toi, l'inconnu

    Cher inconnu,

    Cela fait des mois que je bouillonne à chaque fois que l'on se rencontre. Des mois que je meurs d'envie de t'adresser ces quelques mots chaque fois que tu te permets de t'immiscer dans ma vie. Des mois que je souris poliment face à tes remarques déplacées ou que je fais semblant de ne pas t'entendre pour éviter d'être agressive et impolie.

    Ne t'es-tu jamais demandé comment tu te sentirais si à chaque sortie tu entendais inlassablement les mêmes remarques ? Si je venais fouiner dans ton caddie pour voir ce que tu manges ou si je jaugeais tes enfants comme tu jauges les miens ? Si je te demandais si ta fille est une vraie blonde ou si ta femme s'est fait refaire les seins ?

    Cela te paraît inconvenant n'est-ce pas ? Et pourtant, à chaque fois que je sors en famille tu as ce comportement ! Alors je vais te dire une bonne chose, non le fait d'avoir des jumeaux ne fait pas tomber ma famille dans le domaine public ! Et non cela ne t'autorise en aucun cas à te pencher au dessus de ma poussette double avec ton hygiène douteuse et à ameuter tes amis pour comparer mes fils !! Aurais-tu apprécié que je me penche sur le berceau de ton enfant pour l'observer telle une bête de foire ?

    Mes fils sont des jumeaux certes mais ce sont avant tout des bébés ! Tout simplement deux bébés qui ont été conçus en même temps et sont nés le même jour. Je t'explique un peu le principe des jumeaux puisqu'il semble t'échapper quand tu me demandes si ils sont nés le même jour ou si ils sont du même père...

    D'ailleurs en parlant conception, ton fils tu l'as eu de manière naturelle ou tu as été aidé ? Comment ça cette question est déplacée ?! Mais tu me la poses pourtant tous les jours ! Mince, je pensais qu'on était intimes ! Ben oui quoi, tu me demandes comment ça se passe chez moi, si ça n'est pas trop dur, si je m'en sors.

    Néanmoins, tu ne sembles jamais satisfait de ma réponse quand je te dis que ça roule. As-tu besoin d'être rassuré ? De voir que c'est plus dur pour moi que pour toi pour te dire que tu ne t'en sors pas si mal ? Je ne te ferai pas ce plaisir, d'autant plus que effectivement je m'en sors et probablement mieux que toi puisque la politesse et le respect ne me sont pas inconnus !

    Autre chose, es-tu au courant que ta pensée n'est pas universelle ? A chaque fois que tu vois mes 3 merveilleux garçons tu me dis "Ça arrive", "C'est dommage.", "Il va falloir faire la quatrième". Est-il réellement impossible pour toi de concevoir que mes 3 garçons me comblent de bonheur et que je ne souhaitais pas avoir de filles? Que je me fichais tout bonnement du sexe de mes enfants ? Et que j'adore jouer aux voitures, aux dinosaures et à la bagarre avec eux ? Certes, je n'ai pas eu le choix du roi mais je suis la reine de 4 hommes. Est-ce que tu peux en dire autant ?

    Alors voilà cher inconnu, dans le fond je ne te demande qu'une chose, ignore-moi comme moi je t'ignore et ça se passera mieux pour tout le monde ! Je ne suis pas contre le fait de m'ouvrir aux autres, mais pas de cette façon. Revois tes manières et tout se passera bien entre nous...


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  • Depuis quelques temps P. est assez difficile et j'ai l'impression que c'est de pire en pire chaque jour.

    Il faut dire que depuis la naissance des twins, il y a eu beaucoup de changements et donc de stress.

    La construction de la maison et toutes ses péripéties, le duo à gérer, l'attention de papa et maman divisée par 3 et l'entrée en maternelle.

    Ces derniers mois ont donc été difficile pour tout le monde et nous lui avons probablement communiqué énormément de stress. Sachant que c'est un enfant déjà angoissé à la base, ça n'a rien arrangé. 

    Il s'oppose assez sauvagement, nous répond, nous frappe (rarement mais tout de même). Plus J. et S. grandissent et plus il s'en prend à eux. Je sais pertinemment que ça n'est pas méchant, que c'est juste une manière de se distinguer d'eux mais c'est assez difficile à gérer. Il les frappe, s'assied sur eux, les cache sous des couvertures, leur jette de l'eau à la figure durant le bain, les pousse et j'en passe ! Et j'avoue que la peur me fait souvent mal réagir. J'ai donc l'impression de passer mon temps à hurler et à répéter toujours les mêmes choses, sans aucun succès malheureusement.

    Evidemment, quelle logique y-a-t-il quand je lui crie dessus alors que je lui demande moi-même de ne pas crier ?!

    Il a déjà une peluche réservée pour exprimer sa colère, il sait qu'il a le droit de la frapper, la jeter, lui faire tout ce qu'il veut pour se défouler et évacuer sa colère. Il a également le droit d'aller dans la salle de bain et crier jusqu'à se sentir mieux. Malheureusement, il refuse ces options depuis quelques semaines.

    Les règles de vie

    J'ai donc établi avec lui une liste de règles de vie et j'ai cherché des images afin d'illustrer ces règles puisqu'il ne sait pas encore lire. D'ailleurs, les pictogrammes pour les règles 1 et 3 proviennent du blog Danger Ecole.

    L'illustration pour exprimer les sentiments correspond aux figurines Chokotts (en vente chez Oxybul et Okaïdi) qui représentent chacune une émotion et qu'il a à la maison. Il n'en a pas besoin pour exprimer ses sentiments mais ça l'aide de temps en temps car il nous délivre des messages sans s'en rendre compte. 

    Et maintenant, je crois les doigts pour que ces visuels fonctionne !!!

    Et vous, quelles sont vos astuces dans une telle situation ?

     

     


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  • La raison sur le coeur

     Crédit @ Charlotte du Jour

    Aujourd'hui j'ai pris une décision qui me taraudait depuis quelques temps déjà. J'avais d'ailleurs longuement hésité au moment d'écrire mon courrier de reprise à temps partiel. 50 ou 80 ? 

    J'avais tout calculé, le coût de la nounou, le montant de mon salaire, les prestations que j'allais percevoir et il n'y avait que peu de différence entre ces deux taux. La différence de taille étant que le taux le plus bas me permettait de profiter d'avantage de mes fils.

    Malgré tout, les angoisses ont commencé à amplifier. Allait-on s'en sortir ? Avec la maison à payer ? Les travaux de finitions ? Les petits ne manqueraient-ils de rien ? 

    Et puis la réalité m'a frappée de plein fouet. J'avais commis une erreur dans mes calculs. J'avais donc moins que prévu, 200€ de moins. Ce n'est peut-être pas grand chose mais quand on a peur de manquer comme moi c'est énorme.

    Je ne sais pas comment font les mamans qui prennent un congé parental de 3 ans. Comment font-elles pour ne pas avoir cette angoisse ? Comment font-elles aussi pour ne pas devenir folles ? Je ne juge aucunement ce choix de vie, au contraire je le trouve très courageux et pas que sur le plan financier. Mais il m'est impossible.

    Mon mari et mon frère disent que j'ai le "syndrome du réfugié de guerre". J'ai toujours des stocks d'avance à la maison tellement j'ai peur de tomber en rade. 

    J'ai vu ma mère quitter la caisse d'une grande surface en devant laisser son caddie plein car sa carte ne passait pas. J'ai connu les douches froides ou l'eau à faire chauffer (et ma mère ébouillantée) car elle n'avait pas les moyens de faire réparer la chaudière.

    Quand j'étais étudiante, suite à ma en rupture familiale, j'avais pour uniques revenus la bourse et un mi-temps étudiant. Je payais mon loyer et mes factures puis avec ce qu'il me restait je faisais quelques courses. Je ne mangeais pas le midi par souci d'économies et je n'avais aucun petit plaisir.

    Ça ne m'a jamais posé problème et je ne souhaite pas me plaindre en expliquant tout ça. Simplement que ça a généré toutes sortes d'angoisses et que je ne veux pas que mes enfants connaissent la même chose. C'est ma hantise.

    C'est pourquoi cette différence de 200€ est si importante pour moi. Je me dis que ça peut faire la différence et que ça se sent dans un budget.

    Alors aujourd'hui, j'ai fait un nouveau courrier pour passer de 50% à 80%. Je verrais moins mes enfants, et ça me déchire le cœur, mais j'espère surtout que j'angoisserais moins et que je me ferai moins de bile.

    Ce n'est pas une décision facile mais pourtant elle me parait évidente. Je profiterais des garçons le mercredi, les soirs et le week-end mais je sais qu'ils ne manqueront de rien. Le plus important est de ne pas manquer d'amour c'est certain mais je ne peux pas ne pas penser aux besoins matériels qui, même si ils ne font pas tout, sont à mon sens primordiaux. Je ne veux pas que mes fils souffrent des images dont je ne parviens pas à me défaire. Je ne veux pas qu'ils les vivent, pas par ma faute en tout cas.

     

     

     


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  • Aujourd'hui, nous avons mis en place la routine partagée par Mon Carnet Déco.

    Un planning pratique et ludique pour instaurer des habitudes et une routine quotidienne à l'enfant. 

    Les icônes représentant les tâches sont claires et illustrées. Ainsi, un enfant qui ne sait pas encore lire est tout de même capable de comprendre grâce au visuel.

    Les actions proposées peuvent nous sembler anodines ou évidentes mais ce n'est pas le cas pour un enfant et grâce à ça la journée peut se dérouler plus tranquillement.

    P. ne rentrant pas le midi, j'ai divisé la soirée en 2 parties. La partie réservée au midi concerne donc le retour de l'école et celle du soir le bain, le dîner et le rituel du coucher.

    P. m'a aidée à le préparer et a immédiatement reconnu les "étiquettes" comme il les appelle.

    Pour encore plus de clarté, j'ai ajouté une étiquette avec son identité (celles assorties aux étiquettes pour ses vêtements) ainsi qu'une photo de lui. Comme ça il ne risque pas d'oublier que ce planning est bien le sien. Même si je ne doute pas qu'il l'oublie vu la mémoire qu'il a...

    J'ai suivi le conseil de Mon Carnet Déco et j'ai fait plastifié le planning et les tâches. Je pourrai ainsi adapter le planning si nécessaire et ça évitera aussi les tâches !

    Une fois terminé, je l'ai affiché sur le frigo, à hauteur de P. et l'ai invité à le consulter autant qu'il le souhaite et à chaque fois qu'il a un doute sur le déroulement de sa journée.

    Pourquoi j'ai décidé de faire ce planning ? Tout simplement parce que j'ai trouvé l'idée géniale ! Je pense que l'école va être un grand chamboulement dans le rythme de toute la famille et ce repère nous permettra à tous d'avoir des repères et de donner encore plus d'autonomie à P. Je pense également que ça va énormément l'aider à se repérer dans le temps et à définir les différentes parties de la journée.

    Organiser la journée d'un enfant

     


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  • J'avais déjà entendu parler des B.A.B.I, Bébés Aux Besoins Intenses, mais je n'aurais jamais pu imaginer ce qu'impliquait la vie avec l'un d'entre eux.

    Quand les twins sont nés, j'ai tout de suite vu une énorme différence de caractère entre eux. J. était paisible et dormait beaucoup alors que S. semblait tendu et en permanence sur la défensive. Je me souviendrais toujours de son premier regard. Il était dans les bras de son père et le regardait d'un air grave, d'un air d'adulte même. Il semblait analyser la situation et calculer les risques qui l'entouraient. J'étais impressionnée de voir un si petit être avec un air si grave et pensif.

    Il faut dire que sa naissance a été plus particulière que celle de ses frères. Bien que né par voie basse, il était en siège et a littéralement été arraché de son premier foyer. Il ne voulait pas naître, il n'était pas encore prêt et ça s'est immédiatement ressenti.

    Babyglu a toujours demandé énormément d'attention et souvent au détriment de ses frères car quand il est "en crise" il faut agir rapidement. 

    Quand ça ne va pas, il se met dans un état proche de la crise de nerfs. Il ne contrôle plus vraiment ses mouvements, ses pieds frappent le sol, ses bras battent dans les airs, il hurle à en devenir écarlate et ses joues ruissellent de larmes. Il est mal, il faut agir et vite. 

    Fort heureusement, le côté "excessif" des B.A.B.I est également valable dans l'autre sens et il sait se calmer aussi rapidement qu'il s'est énervé. Il suffit que je le prenne dans mes bras pour qu'il me sourit, les yeux toujours remplis de larmes. Certains parleront de caprices mais des caprices à 10 mois, je n'y crois pas et encore moins quand on voit dans quel état de détresse il est réellement. 

    Il arrive souvent qu'il ne supporte pas d'être posé et que je sois obligée de le porter une bonne partie de la journée. Il lutte régulièrement contre le sommeil, se réveille plusieurs fois la nuit, hurle de frustration quand il ne parvient pas à faire quelque chose, se met parfois à hurler sans raison apparente, ne supporte pas d'être sale, semble sur le point de s'arracher les cheveux lors des poussées dentaires, gratte son eczéma à sang et j'en oublie sûrement.

    Je me sens souvent dépassée par ses comportements. J'ai l'impression d'être vidée de mon énergie, de ma patience, et ça se ressent sur mon comportement avec S. mais aussi avec ses frères. J'ai ce sentiment d'impuissance et de frustration qui se mêle à la culpabilité. Non seulement je n'arrive pas toujours à le calmer mais en plus, pendant ce temps, je ne m'occupe pas de ses frères puisque que S. m'accapare. Et quand il est enfin calmé, je suis tellement à plat que je n'ai même plus le courage de jouer avec ses frères. Je m'occupe alors d'eux en pilote automatique tout en déplorant de ne pas réussir à en faire plus.

    J'ai tout de même tenté de trouver des solutions. J'ai consulté une ostéopathe qui a été fort étonnée de voir un si petit bébé (il avait un peu plus d'un mois à l'époque) si tendu et si chargé au niveau du plexus solaire. Pour compléter cette séance, je suis allée voir mon homéopathe qui lui a prescrit différents traitements qui l'ont aidé à s'apaiser mais sans non plus faire de miracle. Une chose est sûre, les deux étaient d'accord et rejoignaient mon avis, S. ne voulait pas naître et le vivait très mal.

    Mon pédiatre a également constaté sa nervosité et il m'a dit que S. serait toujours "à fleur de peau". Expression que je trouve bien plus jolie que celle de l'homéopathe qui l'a rapidement qualifié de colérique et capricieux. 

    Vivre avec un B.A.B.I est une expérience épuisante, imprévisible et éprouvante mais elle a aussi de bons côtés.

    Car les B.A.B.I sont entiers dans toutes leurs réactions.  S. rit donc souvent de bon cœur pour des choses aussi simples et banales que de voir son frère monter les escaliers ! Il est fier de ce qu'il accomplit, sourit en permanence quand tout va bien, est désireux d'apprendre et ne renonce jamais.

    Vivre avec un B.A.B.I... et ses frères

    Au fond, il a juste besoin d'être rassuré en permanence...

     

     


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